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14 mai 2014

John Singer Sargent

 

Je n'ai pas retrouvé beaucoup d'images des dessins vus au salon 2014. Leur souvenir est déjà estompé de ma mémoire. Et en faisant des recherches je trouve d'autres beaux dessins, de dessinateurs virtuoses. Il y aurait tellement à dire, et sur tellement de choses... je suis devant un beau paysage et j'ai plutôt envie de rester assise à le regarder de loin plutôt que d'emprunter des pistes.

L'endroit où je me trouve pour regarder ce point de vue est le site du Metropolitan museum. Il présente avec générosité le plus grand nombre des oeuvres graphiques de son fond avec une bonne définition. 

J'ai plutôt envie de rester silencieuse en ce moment. Je vais tout de même garder note un peu de ce que je vois.

En feuilletant les pages du metmuseum, j'ai relevé un, puis deux, puis 8 dessins de John Singer Sargent et à chaque fois je me disais "c'est un bon dessin, c'est de qui ?", "de John Singer Sargent".

Je suis allée voir des sites qui lui sont consacrés. Il y a une parenté avec Valentin Serov. Ce bon coup de crayon et la capacité de saisir l'instant, la posture, l'expression d'un visage, un regard, une lumière, un mouvement, sur le vif.

J'aime particulièrement certaines peintures à l'eau, pour la lumière, les couleurs, des reflets sur l'eau.

Mais ma passion étant le dessin et son écriture, j'ai choisi de montrer des études pour le tableau "El Jaleo".

 

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"El Jaleo" John Singer Sargent

 

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23 avril 2014

Salon du dessin 2014 - Palais Brongniart

 

Je commence maintenant à exploiter les notes que j'ai prises au salon du dessin 2014. Alors qu'au salon Drawing Now j'avais noté 57 noms sur mon carnet, au salon du dessin c'est 84 dessins qui ont retenu mon attention, par leur technique ou par leur sujet.

Mais je ne pense pas écrire 84 articles. Il est difficile de trouver les photos des oeuvres. Je pense donc me concentrer sur quelques artistes ou dessins, l'avenir en dira le nombre.

Je n'ai par exemple pas retrouvé sur le net le dessin qui m'a le plus fascinée, une oeuvre de Théodule Augustin Ribot à l'encre de chine et lavis d'encre, intitulée d'après mes notes "Femme voilée de noir". J'aurais aimé la regarder longtemps pour comprendre pourquoi je suis restée en arrêt devant. Je me souviens de la blancheur du visage qui se détachait, mais comment était le regard ?

J'ai arpenté plusieurs fois toutes les allées du salon. On n'a pas tous les jours l'occasion de voir autant de dessins d'une aussi grande qualité, il faut donc les savourer. Un mal de dos d'envergure m'a aussi fait tester tous les sièges de l'exposition. Heureusement compte tenu de la qualité des visiteurs (passablement agés et argentés), ils sont profonds, nombreux et confortables (les sièges). Mon souvenir du salon est donc un mélange contradictoire de plaisir et de douleur.

Je vais essayer de me rattraper en écrivant les articles qui vont suivre et en trouvant de nouvelles belles images de dessins sur le net.

A bientôt pour la suite :-)

 

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(salon 2013)

 

La-Bourse-de-Paris
(il y a un peu plus longtemps, quand le palais Brongniart abritait la Bourse)

 

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A noter : la 24e édition du Salon du dessin aura lieu au Palais Brongniart du 25 au 30 mars 2015 !

15 mars 2014

Les étangs - Vendredi 14 mars 2014 - 17h

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Une première série de photographies prises hier. On appelle cet endroit "Les Etangs". Il y a des arbres, de grandes étendues d'herbes, des oiseaux, de l'eau. J'ai regardé les branches, leurs ombres et leurs reflets. On a parfois du mal à déterminer où commencent les unes et où finissent les autres, le tout s'entremêle et se regarde dans des compositions abstraites et symétriques à la japonaise.

Le calme, les oiseaux aquatiques... la paix ! Et tous ces tableaux et dessins en puissance !

Pratiquement pas de vent aujourd'hui. Les étangs étaient comme des miroirs c'est ce qui a attiré mon attention sur les reflets. Il n'y avait que les poissons et les oiseaux pour faire des rides sur l'eau.

6 mars 2014

Bouleau pleureur au soleil du matin - jeudi 6 mars 2014

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Un bouleau pleureur, choisi pour le souvenir d'enfance, il y en avait un dans le jardin de mes parents. Une variété de bouleau blanc dont les branches retombent vers le sol, formant comme une cabane, ce qui fait que les plus fortes branches se trouvent en haut et les plus fines en bas. Les courbes des branches hautes sont éclairées de profil par le soleil du matin. Le soir, elles servent de point de rencontre aux oiseaux qui viennent y tenir salon. Encore une photographie imparfaite, mais qui permet de fixer l'instant. Les matinées ces jours-ci ont une grâce particulière, on sent que l'hiver se termine mais le printemps n'est pas encore là, on est comme en attente d'un "top départ". Dans le silence qui précède, tout est là au stade d'énergie contenue. C'est le moment où on peut apprécier toute la beauté des branches nues au soleil.

6 mars 2014

Au pied des arbres juste avant le printemps - mardi 5 mars 2014

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Ils écrivent quoi les arbres, avec tous les signes que tracent leurs branches sur le ciel ?

Tous ces arbres sont dans "mon" jardin, enfin il serait plus exact de dire qu'ils sont dans le jardin auquel j'appartiens. Nous les avons tous plantés, ils étaient très jeunes. Ici à notre arrivée, juste après le départ des engins de chantier, le "jardin" n'était plus qu'une étendue de terre sans un brin d'herbe. Mais c'est bien orgueilleux de s'octroyer le "mérite" d'un jardin. On peut tout au plus le regarder grandir et s'en sentir bien.

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5 mars 2014

Un arbre au soleil du matin - Mercredi 5 mars - 8h45

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J'ai repris le même arbre en photo ce matin, éclairé par le soleil. La beauté produite m'intrigue, je voulais la regarder de plus près. Pris de ma fenêtre, il est sur fond de macadam gris bleuté. Les branches éclairées par la lumière jaune du soleil projettent leur ombre très sombre sur les branches et le tronc devant lesquels elles se trouvent. C'est ce qui crée cet effet si particulier.

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Je passerais des heures à regarder les images.  

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en niveaux de gris

Les logiciels de retouche permettent de mieux regarder. J'ai obtenu deux images qui permettent de voir mieux sur l'une, les branches d'arrière plan, moins éclairées, et sur l'autre les branches dans la lumière. Ensuite j'ai fait une superposition des deux.

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Cela me fait penser à un réseau veineux. Je ne sais pas si c'est le printemps qui s'amorce, mais je vois la beauté partout. C'est le retour du soleil, sans aucun doute :-)

31 décembre 2013

La fin du livre - la montagne de l'âme - Gao Xingjian

Je viens de finir la lecture de "la montagne de l'âme". Maintenant que j'ai terminé, la question qui se pose est  : est-ce que je continue mes articles à ce sujet ? Ou bien est-ce que j'arrête sur ce chapitre 10 qui se suffit presque à lui même... Je pense que je vais passer à la suite, l'oeuvre peinte. Mon objectif était d'écouter l'auteur, pour mieux voir ses peintures. Une rencontre humaine et rien de plus. Mais rien de moins. Gao Xingjian partage beaucoup dans ses écrits. Il partage tout en fait. Continuer à publier trop d'extraits me ferait l'effet de dévoiler son intimité. Vous lirez le livre si vous le souhaitez :)

Maintenant je vais refeuilleter "De la création" que j'ai déjà lu deux fois. Peut-être alors des extraits de ce texte en même temps que d'autres images de ses peintures ? On verra.

Une année se termine. Elle laisse entrevoir les combats à venir. Je vous souhaite à tous bon courage, et dans ces jours un peu particuliers où on dit au revoir au passé et où on aborde l'avenir, d'attaquer le reste du chemin d'un bon pas et en bonne compagnie.

Je vous embrasse, en vous souhaitant de cultiver votre regard d'enfant. Bonne année à tous :-)

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24 février 2014

Souvenir de calligraphie

J'ai été très émue en voyant les calligraphies d'Hassan Massoudy sur la galerie Smaragdine ce matin. Une grande émotion comme j'en ressens parfois quand je rencontre les oeuvres d'un artiste qui me touche, comme quand j'avais rencontré les oeuvres d'Ernest Pignon Ernest, mais en plus doux, une émotion plus sereine et plus calme, comme les gestes de cet artiste et comme sa parole, qui renvoient à la philosophie orientale et à "l'unique trait de pinceau".

De voir ces calligraphies a ramené à ma mémoire une création que j'avais faite pour une amie tunisienne à l'occasion de la venue au monde de son premier enfant. J'avais demandé à une autre amie de langue arabe (libanaise) quel mot broder dans ces circonstances. Elle m'avait conseillé le mot "Mashallah" et m'en avait donné le dessin.

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Ce mot n'a pas d'équivalent en français. Il signifie littéralement "ce que Dieu veut", ou "Dieu l'a voulu". Il exprime l'étonnement, l'admiration, l'émerveillement face à la grandeur ou la beauté de quelque chose. Il signifie que tel fait ou telle action vient de la providence divine. On l'utilise dans les moments de bonheur, pour la naissance d'un enfant, un mariage, pour une personne de grand coeur ou d'une grande beauté. C'est un moyen d'exprimer son admiration sans attirer pour autant des sentiments négatifs comme la jalousie (ou le mauvais oeil) pour ne pas porter préjudice à la personne qui bénéficie du bienfait de la providence. Je pense que ça a à voir avec la superstition, comme toucher du bois quand on dit qu'on est en bonne santé. J'aime la complexité de sens qu'il peut y avoir dans un seul mot.

La calligraphie exprime cette richesse de sens du signe, à la fois dans la forme de celui-ci et dans la façon de tracer la forme. Le geste et la trace laissée par le geste, le moment et sa continuité donnent toute leur profondeur à cette discipline. Cela me donne l'impression que le mot tracé est une note et que la trace est la note bleue (le silence qui suit la note).


27 janvier 2014

Calligraphie par l'ombre et la lumière - Fred Eerdekens

L'artiste belge Fred Eerdekens crée des oeuvres aux médiums variés. Il dispose ces objets dans l’espace de manière à faire apparaitre des mots soit par la lumière soit par l'ombre. Ce qui est finalement une autre manière de jouer avec le vide et le plein...

 

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"minimum" - mot écrit par l'ombre portée d'un resssort

 

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Sculpture ambigramme : "Ego" à gauche (incliner la tête à droite) - "God" à droite (incliner la tête à gauche)
Une seule forme, un seul objet, deux sources de lumière, deux mots écrits par deux ombres portées.


Si on éteint la lumière, si on ne regarde pas l'ombre, il n'y a qu'un objet sans aucun sens... d'ailleurs effectivement il n'y a là qu'un objet et que des ombres, et aucun autre sens que celui que notre cerveau y cherche ! Parce qu'il est juste concu pour ça... Regarder quelque chose, apprécier l'esthétique de sa forme, analyser, reconnaître, chercher du sens, apprécier l'esthétique du sens, comprendre, mettre en relation avec tous les objets et idées qu'il peut trouver à y associer.

 

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"My emotions escaped from language" - Ombre portée d'un fil de fer.

 

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"Words gone" - lumière projetée à travers plusieurs épaisseurs de formes en creux

 

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"in a name" - mots écrits par la lumière projetée à travers les espaces vides du mur de facade en partie démoli.

 

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"Ecriture" - Ombre portée de lettres en relief non alignées

 

Avec des sculptures de ce type, il est possible de cacher des messages qui apparaissent seulement quand deux conditions sont réunies : d'une part une lumière qui arrive du bon endroit, d'autre part un spectateur placé au bon endroit et le tout évidemment au même moment.

De tout temps les hommes ont utilisé ce procédé, la projection de l'ombre ou de la lumière sur les batiments qu'ils ont construit, la visée des étoiles. Pour des raisons qui restent parfois un peu mystérieuses. Spiritualité ou besoin matériel de mesurer le passage du temps ?

 

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Stonehenge (cliquer sur le mot pour en savoir plus)

 

Les oeuvres de Fred Eerdekens ne dureront pas aussi longtemps que Stonehenge... elles ont un coté ludique. C'est bon d'avoir un peu de légèreté. L'Art contemporain a une volatilité, une futilité que je trouve agréable. Ce qui rend cet art insupportable (en dehors de la laideur et de l'ineptie de certaines oeuvres) c'est bien souvent le discours qui est porté sur lui. Le coté gonflé et gonflant (vous voyez ce que je veux dire). Mais quand il ne reste que les oeuvres, légères et périssables, je trouve ça sain et sans prétention. Les idées sont volatiles, nos vies sont volatiles, j'aime l'idée d'un art qui n'a aucune prétention à rester pour des millénaires, l'idée d'un art qui ne vit que l'instant où on le regarde. Faire les choses pour le plaisir, simplement parce qu'on trouve ça beau, simplement parce que c'est possible de le faire et qu'on trouve ça extra. Les faire puis passer à autre chose, sans prétendre essayer de survivre à travers elles. Je me dis que l'art contemporain réussit à être en même temps le plus prétentieux et le moins prétentieux de tous les temps ! Prétentieux au temps présent et humble au regard de l'histoire... c'est paradoxal.

 

Sinon, à propos de l'utilisation du langage dans l'art, j'aime beaucoup. Parce que j'aime l'esthétique des lettres, et aussi parce que je trouve qu'il apporte comme une quatrième dimension, celui du sens des mots, parfois double sens. J'aime l'idée de créer des mots en volume et j'y réfléchis pour mes prochaines sculptures. Pour un modelage j'avais déjà utilisé le nombre 115, en lui donnant la forme d'un bateau : nombre 115.

17 juin 2013

Picasso - Propos sur l'Art

"Je me demandais s'il ne fallait pas représenter les faits tels qu'on les connaît plutôt que tels qu'on les voit".

marie-therese-leaning-1939Portrait de Marie Thérèse Walter - Picasso 1939

"Un tableau peut représenter l'idée des choses ; il peut d'autre part, représenter l'aspect extérieur des choses, sans leur porter atteinte. En effet, on ne copie jamais la nature, on ne l'imite pas davantage, on laisse des objets imaginés revêtir des apparences réelles."

"Bien des fois je fais un portrait qui ne ressemble en rien à l'original... et tout le monde le reconnaît."

portrait-of-ambroise-vollard-1910Portrait d'Ambroise Vollard - Picasso 1910

"Pour moi, un tableau n'est jamais une fin, ni un aboutissement, mais plutôt un heureux hasard et une expérience."

"Auparavant les tableaux s'acheminaient vers leur fin par progression. Chaque jour apportait quelque chose de nouveau. Un tableau était une somme d'additions. Chez moi, un tableau est une somme de destructions. Je fais un tableau, ensuite je le détruis. Mais à la fin du compte rien n'est perdu ; le rouge que j'ai enlevé d'une part se trouve quelque part ailleurs."

"Il serait très curieux de fixer photographiquement, non pas les étapes d'un tableau, mais ses métamorphoses. On s'apercevrait peut-être par quel chemin un cerveau s'achemine vers la concrétisation de son rêve."

"C'est la main qui fait tout, souvent sans intervention de la pensée."

"Le tableau n'est pas pensé et fixé d'avance, pendant qu'on le fait il suit la mobilité de la pensée. Fini, il change davantage, selon l'état de celui qui le regarde. Un tableau vit sa vie comme un être vivant, subit les changements que la vie quotidienne nous impose. Cela est naturel puisqu'un tableau ne vit que par celui qui le regarde."

"Au moment où je fais le tableau, je pense à un blanc et j'applique un blanc. Mais je ne peux continuer à travailler, penser et appliquer un blanc ; les couleurs comme les traits suivent la mobilité de l'émotion. Vous avez vu le croquis que j'ai fait d'un tableau avec toutes les indications de couleurs. Qu'en reste-t-il ? Pourtant le blanc que j'ai pensé, le vert que j'ai pensé sont dans le tableau ; mais pas à la place prévue, ni dans la quantité pensée."

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"Il y a des peintres qui transforment le soleil en une tache jaune, mais il y en a d'autres qui, grâce à leur art et leur intelligence, transforment une tache jaune en soleil."

"Au fond, tout ne tient qu'à soi. C'est un soleil dans le ventre aux mille rayons. C'est uniquement pour cela, par exemple, que Matisse est Matisse. C'est qu'il porte ce soleil dans le ventre."

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"L'oeuvre qu'on fait est une façon de tenir son journal."

"Pour le peintre qui, à l'occasion d'une exposition, voit revenir quelques-unes de ses toiles de très loin, il semble qu'il s'agisse là d'enfants prodigues mais qui retournent à la maison en chemises d'or."

"Au fond, il n'y a que l'amour. Quel qu'il soit. Et l'on devrait crever les yeux aux peintres comme l'on fait aux chardonnerets pour qu'ils chantent mieux."

1919-Paysans-endormisPaysans endormis - Picasso 1919


"Je mets dans mes tableaux tout ce que j'aime."

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"Ce que je souhaite c'est que de mon tableau se dégage uniquement l'émotion."

woman-with-her-hair-in-a-small-bun-1904Picasso 1904

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"Rien ne peut être fait sans la solitude. Je me suis créé une solitude que personne ne soupçonne."

1922 Pablo Picasso (Spanish artist, 1881–1973) Portrait of Mme Olga PicassoPortrait d'Olga - Picasso -1922

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"Il n'y a pas d'art abstrait. Il faut toujours commencer par quelque chose. On peut ensuite enlever toute apparence de réalité ; il n'y a plus de danger, car l'idée de l'objet a laissé une empreinte ineffaçable. C'est lui qui a provoqué l'artiste, a excité ses idées, mis en mouvement ses émotions. Idées et émotions seront définitivement prisonnières de son oeuvre ; quoi qu'elles fassent, elles ne pourront plus s'échapper du tableau ; elles en font partie intégrante, alors même que leur présence n'est plus discernable. Qu'il le veuille ou non, l'homme est l'instrument de la nature ; elle lui impose son caractère, son apparence."

guitar-i-love-eva-1912Guitare - Picasso 1912

"Il n'y a pas, non plus, d'art figuratif et non figuratif. Toutes choses nous apparaissent sous forme de figures. Même en métaphysique les idées sont exprimées par des figures, alors vous pensez combien il serait absurde de penser à la peinture sans les images des figures. Un personnage, un objet, un cercle, sont des figures ; elles agissent sur nous plus ou moins intensément. Les unes sont plus près de nos sensations, produisent des émotions qui touchent à nos facultés affectives ; d'autres s'adressent plus particulièrement à l'intellect. Il faut les accepter toutes, car mon esprit a autant besoin d'émotions que mes sens. Croyez vous que cela m'intéresse que ce tableau représente deux personnages ? Ces deux personnages ont existé, ils n'existent plus. Leur vision m'a donné une émotion initiale, petit à petit leur présence réelle s'est estompée, ils sont devenus pour moi une fiction, puis ils ont disparu.. Ce ne sont plus pour moi deux personnages, mais des formes et des couleurs, entendons nous, des formes et des couleurs qui résument cependant l'idée des deux personnages et conservent la vibration de leur vie."

two-women-running-on-the-beach-the-race-1922Picasso - 1922

1 décembre 2013

La femme seule

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Sculpture terre cuite - 14 x 16 cm

"... j'aimais les célibataires de mon âge qui vivaient seules dans de petits appartements, et qui, quand je venais, allumaient des bougies et se lovaient sur leur canapé en entourant leurs genoux de leurs bras. Elles attendaient de sortir de là, elles attendaient que je dénoue leurs bras, que leurs bras puissent étreindre autre chose que leurs genoux, mais vivre avec elles aurait détruit cette magie tremblante de la flamme qui éclaire les femmes seules, cette magie des bras refermés qui enfin s'ouvraient pour moi ..." (L'art français de la guerre).

Cette sculpture n'est pas seulement l'illustration de cet extrait, en fait cet extrait m'a fait penser à une personne que je connais, alors c'est une sorte de portrait.  Une femme seule sans enfant, les hanches larges des maternités qu'elle n'a pas eu, les bras minces de l'amour qu'elle ne reçoit ni ne donne et dont elle se protège.

15 juillet 2013

J'écris ton nom

 

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Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom

Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes maisons réunies
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

 

Liberté.

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Paul Eluard

28 juin 2013

Baudelaire, la vie antérieure

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J'ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.

Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d'une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.

C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l'azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs,

Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l'unique soin était d'approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.

26 juin 2013

Rencontre inattendue

J'ai fait en janvier 2012, d'imagination, une toute petite statuette que j'ai appelée "l'Oiseau" :

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"L'Oiseau", parce que cela représente l'envol d'un enfant devenu grand.

Aujourd'hui, dans le mail d'une amie (qui ne connaît pas ma statuette), dans un de ces fichiers de photographies qui circule sur internet, il y avait ceci :

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La même posture, le même geste. Mais les oiseaux... bah ils ne partent pas, ils vont, ils viennent...

Vous voyez la différence ? Tout est dans la direction du regard de la femme, l'inclinaison de la tête. Cela suffit pour tout changer :-)

Etonnant, non ? Un sacré clin d'oeil ! Mais de qui ?

11 juin 2013

Vincent et Pablo

Van Gogh, solitaire, pas d'enfants, long apprentissage du dessin, carrière courte, pas de succès de son vivant, mort prématurée.

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Vincent Van Gogh - 1866 (13 ans)


Picasso, beaucoup d'amis, plusieurs femmes, des enfants, dessinateur précoce, longue carrière, gros succès, longue vie.


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Pablo Picasso - autoportrait 1896 (15 ans)

Tous deux devenus des mythes. Tous deux créateurs impulsifs et acharnés, traceurs de routes, sensibles. Tous deux chercheurs de gaité et de jeunesse, et tristes, au fond.

23 juin 2013

Picasso - Propos sur l'Art -2

"L'artiste est un réceptacle d'émotions venues de n'importe où : du ciel, de la terre, d'un morceau de papier, d'une figure qui passe, d'une toile d'araignée. C'est pourquoi il ne faut pas distinguer entre les choses. Pour elles il n'y a pas de quartiers de noblesse."

1918-1919 La salle à manger de l'artiste, rue La Boëtie

"Le peintre subit des états de plénitude et d'évacuation. C'est là tout le secret de l'art. Je me promène dans la forêt de Fontainebleau. J'y attrape une indigestion de vert. Il faut que j'évacue cette sensation sur un tableau. Le vert y domine. Le peintre fait de la peinture, comme un besoin urgent de se décharger de ses sensations et de ses visions."

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"Les hommes font tout à leur image, depuis Dieu jusqu'au tableau."

"Ce n'est pas ce que l'artiste fait qui compte, mais ce qu'il est... Ce qui nous intéresse, c'est l'inquiétude de Cézanne, c'est l'enseignement de Cézanne, ce sont les tourments de Van Gogh, c'est-à-dire le drame de l'homme. Le reste est faux."

1 Période Bleue, Les pauvres au bord de la mer, 1903

"Je ne vois pas pourquoi tout le monde s'occupe d'art, lui demande des comptes, et à son sujet laisse libre cours à sa propre sottise. Les musées sont autant de mensonges, les gens qui s'occupent d'art sont pour la plupart des imposteurs... Nous en avons fait (des tableaux) de pauvres choses ridicules. Nous sommes attachés à des mythes au lieu de sentir ce qu'il y avait de vie intérieure chez les hommes qui les ont faits."

"Tout le monde veut comprendre la peinture. Pourquoi n'essaie-t-on pas de comprendre le chant des oiseaux ? Pourquoi aime-t-on une nuit, une fleur, tout ce qui entoure l'homme sans chercher à les comprendre ? Tandis que pour la peinture, on veut comprendre. Qu'ils comprennent surtout que l'artiste oeuvre par nécessité ; qu'il est, lui aussi, un infime élément du monde, auquel il ne faudrait pas prêter plus d'importance qu'à tant de choses de la nature qui nous charment mais que nous ne nous expliquons pas. Ceux qui cherchent à expliquer un tableau font la plupart du temps fausse route."

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"Que croyez-vous que soit un artiste ! Un imbécile qui n'a que des yeux s'il est peintre, des oreilles s'il est musicien ou une lyre à tous les étages du coeur s'il est poète, ou même , s'il est un boxeur, seulement des muscles ? Bien au contraire, il est en même temps un être politique, constamment en éveil devant les déchirants, ardents ou doux évènements du monde, se façonnant de toute pièce à leur image. Comment serait-il possible de se désintéresser des autres hommes, et, en vertu de quelle nonchalance ivoirine, de se détacher d'une vie qu'ils vous apportent si copieusement ! Non, la peinture n'est pas faite pour décorer les appartements. C'est un instrument de guerre offensive et défensive contre l'ennemi."

guernicaGuernica - Picasso - 1937 - 349 cm x 766 cm

En 1937, L’Espagne est en guerre civile. Les troupes du général Franco, opposées aux républicains, s’allient à Hitler et l’Allemagne nazie. Le lundi 26 avril 1937, jour de marché, cinq escadrilles d’avions allemands, escortées par des bombardiers italiens et des avions de chasse, procèdent au bombardement de la ville afin de tester leurs nouvelles armes. L’attaque commence à 16 h 30, aux bombes explosives, puis à la mitrailleuse, et enfin aux bombes incendiaires. Après avoir lâché quelque cinquante tonnes de bombes incendiaires, les derniers avions quittent le ciel de Guernica vers 19 h 40. Après le massacre, 20 % de la ville est en flammes, et l’aide des pompiers s’avérant inefficace, le feu se propage à 70 % des habitations.

le charnierLe Charnier - Picasso - 1945

L’humanité toute entière est témoin de la libération des camps.

 1951 massacre en coréeMassacre en Corée - Picasso - 1951

Le 25 juin 1950, 7 divisions nord-coréennes franchissent le 38e parallèle et lancent à l'assaut 90 000 hommes et plus de 150 chars, appuyés par 1700 pièces d'artillerie et 200 avions. En face, la République de Corée n'aligne que 4 divisions, aussi mal équipées que mal préparées; en deux jours, Séoul tombe, et en une semaine plus de 34 000 soldats - un tiers des forces du jeune Etat - sont tombés, faits prisonniers ou disparus. C'est le début de la guerre de Corée, le premier conflit de haute intensité de la guerre froide et la première intervention des Nations-Unies fondées trois ans auparavant.

Dans l'attente de renforts en hommes, armes et munitions, les premières unités américaines envoyées en Corée subissent de plein fouet la déferlante communiste. un repli général est ordonné sur des positions défensives, dans le périmètre de Pusan.

Lorsque les Nord-Coréens attaquent ce périmètre en franchissant le fleuve Natkong, le 4 août, plus de 80% du territoire sont entre leurs mains, et les Forces armées américaines ont effectué en un mois une retraite de près de 300 km, en contact permanent ou presque avec l'ennemi, et au milieu d'innombrables réfugiés. C'est durant cette période que des atrocités auraient été commises par ces troupes, dont des centaines de civils sud-coréens seraient victimes.

13 mai 2013

Exotique 2

2

J'ai coloré mon calque aux crayons de couleur mais les couleurs ne me plaisent pas. Par contre, j'aime bien la répartition des valeurs, alors va pour la version en niveaux de gris. Je trouve ça mieux que le noir et blanc. Pourquoi pas faire de prochains dessins au trait avec zones en lavis. Mais le problème du lavis c'est que c'est mouillé, pas idéal sur le calque... alors griser au graphite ?

3 mai 2013

La Consolante

complicité

Tel cheval qui boit à la fontaine,
Telle feuille qui en tombant nous touche,
Telle main vide, ou telle bouche
Qui nous voudrait parler et qui ose à peine -,

Autant de variations de la vie qui s'apaise,
Autant de rêves de la douleur qui somnole :
ô que celui dont le coeur est à l'aise,
Cherche la créature et la console.

 Rainer Maria RILKE

25 mars 2013

Regarder "l'automate"

automate_hopper_171Automate, 1927, Edward Hopper

Ce qui me frappe en premier dans ce tableau c'est le petit nombre de couleurs et la simplicité des formes.

Ma première envie c'est de tracer la prolongation des lignes fuyantes et regarder comment tout cela est construit (le tracé rouge délimite un carré).

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Pour les couleurs (pas évident d'analyser une image et pas le tableau lui même) ce sont les primaires : jaune (orangé), bleu (violet) pour le plateau de la table et l'ombre du radiateur, rouge (orangé) dans les fruits, la robe, la bouche, en bord de fenêtre.

Il y a du rouge allié à chaque autre primaire (du rouge pour oranger le jaune et du rouge pour violacer le bleu). Cette dominante rouge et le vert du costume se mettent mutuellement en avant.

Pour ce qui est de la température, tout me paraît chaud (le vert de la veste compris, qui contient du jaune), sauf le plateau de la table (j'ai l'impression qu'il est grisé par du vert), qui paraît très froid - et à un degré moindre - le sol (ombre du radiateur).

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Plus je regarde le tableau plus je suis mal à l'aise. Je n'arrive pas à ne voir que des formes abstraites, tout désigne le personnage et tout souligne sa solitude. Les couleurs chaudes de l'image en couleur arrivent à donner quelque chose d'apaisant à la scène mais je trouve qu'en niveaux de gris le coté sombre est tellement fort qu'il en devient écrasant.

La femme est cachée sous son chapeau, et on dirait que le bord en L de la fenêtre et les deux lignes de lumière la montrent du doigt. Le peintre a parfaitement rendu à la fois la solitude, et le sentiment de cette femme seule qui se ferme aux regards environnants qu'on imagine.

Si je devais dessiner ce tableau, je tracerai chaque forme simple au feutre et je remplirai les formes de manière à tout faire en aplats de noir, à la manière d'une gravure sur bois de Franz Masereel.

A propos de noir, sur l'image il est impossible de déterminer comment il a été obtenu, par quel mélange de couleurs. En modifiant les réglages on voit qu'il n'est pas le même partout, il a une qualité différente autour du personnage :

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(Voir les commentaires ci-dessous pour la suite des observations)

28 février 2013

Procédés - Citations Vincent Van Gogh

"Si je n'ai pas fixé ton dessin ou si je l'ai retouché après l'avoir fixé, de sorte qu'il présente des tâches à l'éclat désagréable, il faut l'arroser carrément d'un grand verre de lait ou d'un mélange d'eau et de lait, et le laisser sécher ensuite. Tu verras naître un noir typique, beaucoup plus nourri que le noir d'un dessin au crayon."

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"Il y a moyen d'obtenir avec un crayon de menuisier des effets bien supérieurs à ceux qu'on obtient avec ces fabers élégants.

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Je préfère le graphite nature aux très fines tiges des fabers couteux. Le luisant disparait si on le fixe avec du lait.

Lorsqu'on travaille dehors et qu'on se sert de conté, la vive lumière t'empêche de voir ce que tu fais et l'on constate après que c'est devenu trop noir, alors que le graphite est gris plutôt que noir, et qu'il y a toujours moyen de le rehausser de quelques octaves en retouchant avec une plume.

Le fusain est très convenable, mais il perd de sa fraicheur quand on insiste trop. (...)

Si quelqu'un inventait une bonne plume permettant de travailler au dehors, il y aurait peut-être plus de dessins à la plume dans le monde.

On obtient des résultats remarquables avec un fusain trempé préalablement dans l'huile. L'huile fait fontion de fixateur et le noir est plus chaud et plus intense."

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"Le papier que je préfèrerais c'est du papier couleur de lin non blanchi épais, celui qu'on appelle je crois de l'ingres double."

13 mars 2013

Paul Renouard (1845 - 1924)

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"Dessinateur, artiste peintre, graveur à la pointe sèche et à l’aquatinte, aquafortiste, lithographe, xylographe, Charles Paul Renouard est connu mondialement sous le nom de Paul Renouard.

Né le 5 novembre 1845 à Cour-Cheverny, a vocation artistique ne lui vient que tardivement. Issu d’une modeste famille de sabotier solognot Paul Ranouard part à 14 ans gagner sa vie à Paris en tant que peintre en bâtiment. À 24 ans, il étudie, avec Georges Clairin, auprès d’Isidore Alexandre Augustin Pils à l’École des arts décoratifs de Paris après avoir suivi, le soir, les cours de dessin de l’école communale et collabore à plusieurs revues et journaux.

De 1875 à 1880, il collabore donc avec l’Art, l’Illustration, Paris Illustré où il donne des séries d’études remarquées sur les danseuses, le monde du Palais de Justice, de la Bourse, du Parlement.

En 1884 il entre comme dessinateur au « Graphic » de Londres. D’un trait sobre et puissant il fixe les gestes et expressions des personnages les plus variés depuis les chefs d’Etat (il est très souvent invité à la table du Président Waldeck-Rousseau) jusqu’aux débardeurs de la Seine ou de la Tamise.

Il passe maître dans le domaine si exigeant de la gravure à l’eau forte. Il possède la maîtrise, la virtuosité, l’élégance, la force qui l’apparentent à ses plus illustres contemporains, Manet, Sisley, Pissaro, Paul Helleu. Son trait cursif et rapide lui permet de saisir le mouvement et il traduit en gravures les grands évènements de l’Epoque :

  • Procès Drefus
  • Jubilé de la Reine d’Angleterre
  • Séances de la Chambre des Députés

Les revues artistiques de l’époque, La Gazette des Beaux-arts  et la Revue de l’Art ancien et moderne, publient certaines de ses gravures.

Il est inimitable dans ses études d’animaux. Ses gravures, si originales, consacrées aux volailles, aux chiens, aux chats révèlent ses dons d’observateur caustique du geste et de l’expression."

Source : http://www.baronrenouard.com/Renouard/

Le cours de croquis rapide :

"Le peintre, dessinateur, graveur et illustrateur Charles Paul Renouard (1845-1924) est engagé à partir de janvier 1902 à l’École des arts décoratifs pour un cours de «croquis d’après modèle vivant et en mouvement». À cette époque, après avoir travaillé pour la presse illustrée française et anglaise de large diffusion, et avoir couvert des procès célèbres, Renouard est considéré comme un véritable chroniqueur de la vie moderne. Autodidacte, il réalise à ses débuts des fresques décoratives pour l’opéra Garnier aux côtés de son maître Pils, mais se tourne bien vite vers les milieux parisiens artistiques ou marginaux qu’il croque dans un style rapide et très expressif. C’est en étudiant les estampes japonaises qu’il avait appris ce que l’on appellera plus tard la «sténographie de peintre».

En 1905, l’album d’esquisses et de croquis animaliers intitulé Mouvements, gestes, expressions, vaut à son talent, fondé sur l’observation, l’exercice de la mémoire et la rapidité d’un trait évocateur, une consécration quasi officielle. L’engagement de Renouard par Louvrier de Lajolais amorce la remise en question de la méthode Guillaume, que son directeur avait pourtant été l’un des premiers à soutenir dès le Congrès des arts du dessin en 1869 et à l’époque de l’adoption de la réforme en 1879. Gaston Quénioux, ancien élève devenu inspecteur de l’enseignement du dessin, émet en effet les critiques les plus dures à l’égard d’une discipline qui a perdu, selon lui, tout lien avec la créativité, rendue stérile par la géométrie et le trait académique, et dont les modèles restent la statuaire classique et les compositions abstraites de solides.

Seul contrepoison préconisé contre un tel dessèchement, la technique du «croquis rapide» dans laquelle Renouard est passé maître. Ainsi l’École, en offrant une place de professeur au célèbre illustrateur, devance la réforme de l’enseignement du dessin de 1909, qui accordera de nouveau une place importante à la couleur et aux croquis spontanés réalisés à partir d’objets quotidiens ou de figures vivantes et en mouvement."

Extrait de L’École à la recherche d’une identité entre art et industrie (1877-1914)

11 mars 2013

Edward Lear (1818 - 1888)

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Lear, Palaiokastritsa

Lear, Pantokrator

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Edward Lear est un écrivain, illustrateur et ornithologue britannique. Il ne fait pas partie des dessinateurs cités par Van Gogh (sauf erreur de ma part). Je suis tombée sur ses dessins au cours de mes recherches. La pureté et la justesse de ses croquis ont retenu mon attention.

J'aime beaucoup la peinture, je l'admire comme on admire un paysage, quelque soit le sujet. Mais le dessin... le dessin a quelque chose de plus qui suscite toujours ma curiosité et me fascine : la capacité de représenter par des moyens simples (quelques traits et tâches) quelque chose de complexe, sans rien lui enlever de sa complexité, mais au contraire en donnant quelque chose de plus que la réalité. Est-ce qu'il existe un mot pour cela ? Je ne le trouve pas.

La deuxième chose qui me fascine c'est la parenté entre le dessin et l'écriture tant il est flagrant que chaque dessinateur possède sa propre écriture, sa façon de tracer.

Enfin il y a dans le dessin, dans la première esquisse, dans le croquis préparatoire, une spontanéité, une pureté de l'idée que l'on retrouve rarement dans l'oeuvre terminée.

14 février 2013

Quelque chose de bon

Vincent Van Gogh - Paris 17 09 1875

"Le sentiment, même un sentiment pur, délicat, pour les beautés de la nature n'est pas la même chose que le sentiment religieux, bien que je pense qu'il y a entre eux une sorte d'intelligence."

12 06 1877

"Ce matin à cinq heures moins le quart un violent orage a éclaté ici. Peu après sous une pluie battante le premier flot des ouvriers est arrivé à l'entrée du chantier. Je me suis levé, je suis allé sur le quai, emportant quelques textes dans le pavillon et là, j'ai lu et regardé le quai, le chantier, le bassin. Les peupliers, les sureaux et les autres arbustes ployaient sous le vent, la pluie crépitait sur les piles de bois, sur le pont des bateaux ; des chaloupes et un petit vapeur allaient et venaient ; au loin près du village, de l'autre coté de l'Ij, on voyait les voiles brunes glisser rapidement, les maisons, les arbres du Buitenkant, les églises, tout cela plus haut en couleur. A chaque instant le tonnerre grondait, les éclairs s'illuminaient, le ciel était comme sur un tableau de Ruysdael, les mouettes rasaient l'eau.

Spectacle grandiose et un vrai réconfort, après la chaleur accablante d'hier."

6393836939_3f57f5a50b_b(Jacob van Ruysdaël)

Amsterdam - 03 08 1877

"Ce matin je me suis levé tôt. Il avait beaucoup plu pendant la nuit, mais de très bonne heure, le soleil a percé les nuages ; le sol, les piles de bois, les madriers sur le chantier, étaient trempés d'eau ; dans les flaques, le ciel se reflétait tout en or, car le soleil se levait. A cinq heures, des centaines d'ouvriers, petites silhouettes noires, se sont répandues partout."

04 12 1877

J'ai eu aujourd'hui sous les yeux pendant que j'étais au travail une feuille du cours de Bargue 1ere partie n°39, Anne de Bretagne. Cette planche était déjà accrochée dans ma chambre à Londres et je trouvais cela bel et bon, je le trouve encore bel et bon aujourd'hui. L'expression du visage de l'Anne de Bretagne en question est toute de noblesse. Elle fait penser à la mer, à des côtes rocheuses. J'aimerais bien connaître son histoire. C'est une vraie fille de roi."

pl39

 09 12 1877

"Quand on regarde les autres, qui ont fait plus et mieux que nous, on en vient vite à détester sa propre vie de ne pas être à la hauteur de celle d'autrui.

La plupart de ceux qui sont devenus quelque chose de très bien ont passé par cette période de préparation longue et difficile, qui figure le roc sur lequel leur maison est bâtie."

03 03 1878

"L'oncle m'a dit que Daubigny est mort. Cela m'a fait de la peine comme lorsque j'ai appris la mort de Brion. Car l'oeuvre de ces gens là quand on la comprend vous touche plus profondément que l'on ne s'en rend compte soi même. Ce doit être une bonne chose d'avoir conscience en mourant d'avoir fait des choses vraiment bonnes, de savoir que grâce à cela, on restera vivant dans la mémoire au moins de quelques-uns, et de laisser un bon exemple à ceux qui nous suivent."

Daubigny_Charles_Francois_Les_Iles_Vierges_A_Bezons(Daubigny)

Gustave_Brion-Paysage(Brion)

 09 01 1878

"CM m'a demandé aujourd'hui si je ne trouvais pas très belle la "Phryné" de Gérome. Il m'a ensuite demandé si je n'éprouverais aucun sentiment pour une femme ou pour une jeune fille qui serait jolie. J'ai dit que j'aurais plus de sentiment, que je préfèrerais avoir affaire avec une qui est laide, ou vieille, ou pauvre, ou qui serait malheureuse de l'une ou l'autre façon, une à qui l'expérience de la vie ou les chagrins auraient donné la raison et une âme.

jean_leon_gerome_29_phryne_before_the_areopagus(Jean Léon Gérome)

 03 04 1878

"Il faut que je devienne un bon prédicateur, un homme qui ait quelque chose à dire qui soit bon, quelque chose qui puisse être utile dans le monde...

... si l'on ne dit que peu de mots, mais qui aient un sens, on fait mieux qu'en en disant beaucoup qui ne seraient que des sons vides."

7 février 2013

Rousse

 la rousse

Crayons de couleur sur bristol - d'après "Rousse" de Toulouse Lautrec - 20 x 25 cm

Mon deuxième dessin aux crayons de couleur. Pour le premier (voir catégorie colonne de gauche) j'avais eu beaucoup de mal à couvrir mon support (une feuille noire) et mixer les couleurs. Cette fois j'ai utilisé une feuille bristol. J'ai bien aimé ce médium, j'ai plus de facilité à travailler par couches successives avec les crayons qu'avec la peinture. Je trouve que le sujet s'y prêtait bien.

19 septembre 2012

Voyage

P1340578

Modelage argile blanche - peinte en jaune et laissée naturelle - cirée - d'imagination

Nombre 115 accompagné d'un petit smiley, pour immortaliser un évènement familial heureux et la date où nous l'avons appris, le 9 juin 2012. La forme stylisée évoque le départ, un bateau à voile qui prend la mer.

 Va, sois libre, tout va bien :-)

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