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28 septembre 2011

Cours de peinture 1

Notre professeur nous a donné la liste du matériel à acheter et nous a demandé de dessiner quelque chose, histoire de "faire connaissance". J'ai pris comme modèle la photo d'un enfant. Un enfant aux yeux bavards. Format 21x29 - crayon HB.

28

Il mériterait quelques retouches mais il restera comme ça. Je n'ai pas le modèle et à la prochaine séance je passerai sûrement à autre chose. Je doute d'être capable de réaliser la peinture de ce portrait.

Il faut que j'achète un support pour le prochain cours. Toile ou bois, et surtout que je réfléchisse à un sujet. Notre guide en peinture est un artiste extrèmement talentueux reconnu pour sa maîtrise technique et son traitement de la lumière. Et en plus il est sympa. J'ai beaucoup de chance.

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6 avril 2011

Fumée

20110406
Dessin d'après photo couleur - Crayons de couleur sur papier à dessin noir - 20 x 27 - 06/04/2011

"Trois allumettes, une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
et l'obscurité toute entière pour me rappeler tout cela
en te serrant dans mes bras."
Jacques Prévert (Paris at night)

27 avril 2014

Salon du dessin 2014 - Celle qui fut la Belle Heaulmière - (suite)

 

Je voulais passer à un autre dessin, à un autre artiste, et je n'ai pas pu. Mes pensées revenaient vers "Celle qui fut la Belle Heaulmière".

Je n'en ai pas fini avec elle. Où alors c'est elle n'en a pas fini avec moi.... Je n'ai pas bien regardé, je me pose encore des questions.

Je reviens donc vers ce dessin. A la recherche "du truc" de magicien qui permet de donner à des traits sur du papier l'apparence d'une femme.

Mais regarder un dessin de plus près, se concentrer sur les marques du crayon ne répond pas à la question "par quelle magie... ?".

Quand on s'approche on ne voit plus que des traits. Parfois fins et doux, parfois appuyés et énergiques, c'est leur association qui forme ce que notre cerveau interprète comme la vision d'une femme, en chair et en os, avec de la peau, des cheveux, une respiration, une vie. Les ombres sont plus discrètes. On peut oublier les plus subtiles si on n'y prend pas garde. Ombre et trait chantent la même partition où le trait est soliste et les ombres sont les choeurs.

 

auguste rodin

Je regarde comment est dessinée sa main. Ce n'est pas une main c'est une griffe. Prise séparemment du reste du dessin elle parait exécutée de manière malhabile, mais quand elle se rattache à l'ensemble, elle évoque les déformations d'une vieille main, dont les doigts se font crochus, les dernières phalanges pointues, la pulpe des doigts amaigrie. On pourrait presque les voir trembler, c'est la nature du tracé qui fait ça. Le trait qui parait mal assuré. Le dessinateur ne s'est pas attardé sur l'exactitude du dessin, il a indiqué la main dans ses caractéristiques et ça suffit.

Je regarde le pied. Contrairement à la main il paraît anatomiquement parfait. On devine l'articulation de la cheville, les tendons sur le dessus du pied, les ombres rendent les contours des os et presque la nature dessechée de la peau. On a l'impression de voir les veines, évoquées par un trait. Ce pied à l'existence charnelle ne flotte pas dans les airs, il est solidement appuyé sur le sol, ce dernier étant matérialisé par un trait qui s'enfonce vers le bas. Cela suffit à évoquer le poids des ans, le poids de la fatigue.

Je regarde le mollet, le genou, la cuisse. Sur l'avant du tibia, sur le dessus de la cuisse, on voit les traits de repentir. N'oublions pas que c'est un sculpteur. Il enlève de la matière. Il creuse autour des muscles, il ôte de la chair, il sculpte le dessin d'une jambe maigre, il fait apparaitre l'os saillant du genou, par le trait de contour et par l'ombrage et l'estompe.

Je regarde l'appui du corps sur le siège, la façon dont la peau du fessier, la mollesse de la chair est rendue d'un simple trait, simple mais juste.  La forme de la hanche, on la devine, parce que le bras prend appui dessus. Un renflement de la forme de l'avant-bras rend compte de cet appui, par la déformation qu'il provoque.

Je regarde le ventre, il est très simplement rendu, le contour d'un sein, le contour de l'abdomen à l'avant, la peau est fripée, pour le dire il suffit de faire trembler le trait, et pour sculpter la forme, utiliser les ombres pour creuser un peu les flancs.

Je regarde l'épaule, le bras, la nuque, le dos, encore de l'exactitude anatomique. Des os des muscles des tendons, et dessus de la peau qui pend, indiquée par le contour.

Je regarde la posture du corps et la lumière ensemble, parce qu'elles sont liées par un jeu de plein et de vide. La femme est courbée vers l'avant, au point de rupture d'équilibre. L'éclairage joue un rôle très important dans ce dessin, c'est l'accouplement du blanc et du noir qui aimante le regard vers le dessin et le retient. Je reparlerai de cette association à propos d'autres oeuvres.

Je regarde le choix d'éclairage du dessinateur. La lumière est frontale vis à vis de la femme, elle éclaire son ventre, son torse, le haut de ses bras, son visage. Toutes ces parties du corps sont très claires et semblent prendre appui sur l'ombre, sur la forme négative qui se trouve au centre du dessin. Cette forme noire est la vedette cachée de ce dessin, on la voit quand on concentre le regard dessus. On peut presque y voir un visage de profil. 

Cette ombre est spéciale, elle a été estompée mais elle garde des endroits circulaires plus clairs, elle n'est pas uniforme. Le dessinateur y a ajouté de grands traits vigoureux, on se demande pourquoi. Ces traits sont une enigme. Mais on voit qu'ils participent à l'équilibre de l'ensemble du dessin. Ils tiennent en quelque sorte la femme en équilibre. Encore une fois, c'est un sculpteur, il prend en compte la poids de la tête, suspendue au dessus du vide. Est-ce que ces traits figurent l'existence potentielle d'une chevelure ? Ou un problème de contraintes de poids pour la réalisation de la sculpture ? En tout cas ils ont été tracés vigoureusement, ils sont importants.

Enfin je regarde tout l'extérieur de la forme du corps. Les espaces négatifs. Je vois au niveau du dos des hachures franches. Elles mettent l'accent sur la courbure du dos, font sentir la force qui pousse vers l'avant.

 

Regarder tous ces détails n'arrive encore pas à expliquer la magie du résultat final. C'est comme examiner les ingrédients d'une recette. Les considérer séparemment et même dans leur assemblage ne permet pas de comprendre l'alchimie de leur transformation.

Il reste une part de magie inexplicable dans le dessin, qui continue à me fasciner, et qui permet à ma curiosité de ne pas se lasser.

 

L'oeuvre sculptée dispose des trois dimensions et s'exprime avec une autre force dramatique que le dessin... Elle est palpable, matérielle. Le dessin, c'est une forme de matérialisation de l'idée sous forme d'écriture. Une écriture universelle bien plus parlante et précise que le langage parlé. Des centaines de mots ne suffisent pas à décrire le dessin. Mes pauvres phrases ci-dessus en sont l'illustration.

Le dessin est une forme de calligraphie. J'aime tous ces signes graphiques intimement liés à la main de celui qui les a tracés, et qui parlent de lui, de son caractère, de sa sensibilité, de ses préoccupations, de sa technique. Les traits parlent, ils trahissent, une hésitation, une affirmation, un doute, une tendresse, une violence, une impatience, une application... Dans la peinture il y a la touche, qui parle aussi, et les couleurs... c'est autre chose encore. C'est plus éloigné de l'écriture.

 

La sculpture, c'est le sujet devenu objet.

 

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"L'hiver ou Celle qui fut la Belle Heaulmière - Auguste Rodin "

 

"Celle qui fut la belle Heaulmière - 1887 - Bronze -  La première apparition de ce thème se trouve sur un des pilastres de "La Porte de l’Enfer" en 1887, puis comme motif décoratif ; sur la panse d’un vase réalisé par Rodin et Jules Desbois en 1888-1889, pour la manufacture de Sèvres. L'œuvre est inspirée par un poème de François Villon. L’anecdote veut que La Belle Heaulmière de Rodin ait été conçue en pendant à La Misère de Jules Desbois, pour laquelle une femme très âgée servit également de modèle."

 

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"La misère" - Jules desbois

 

"La Misère, oeuvre exceptionnelle, fait figure de symbole de la fin du XIXe siècle où certains contemporains se sont plu à ne voir que dégénérescence et décadence. Traitée de façon naturaliste, cette représentation saisissante de vieille femme décharnée et vêtue de haillons reprend l'iconographie traditionnelle de la misère.
La datation de cette esquisse n'est pas certaine, peut être dès 1884. Une autre esquisse en terre est conservée au musée Rodin. Le plâtre fit sensation au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts de 1894 (Parçay-les-Pins, Maine-et-Loire, musée Jules Desbois). L'Etat commanda une version en bois de chêne (1896, Nancy, musée des Beaux-Arts).
Cette esquisse doit être appréciée dans sa relation étroite avec deux autres oeuvres du musée d'Orsay : "L'Hiver ou Celle qui fut la belle Heaulmière" d'Auguste Rodin et Clotho de Camille Claudel. Elles sont exposées ensemble, car les trois artistes utilisèrent le même modèle, une vieille Italienne, Marie Caira. Mais on ne sait qui, de Rodin ou de Desbois, la fit poser le premier. La parenté de style est criante entre les trois oeuvres, qui datent du moment où Desbois et Claudel travaillaient tous deux pour Rodin.
Ce motif du vieux modèle féminin, à la beauté déchue, devient une véritable "vanité" à portée universelle. Desbois perpétue ici la tradition des transis et des gisants du Moyen Age et de la Renaissance. La critique du temps y vit un chef-d'oeuvre et consacra l'artiste comme une valeur sûre de la sculpture française."

 

"Marie Caira :

D'origine italienne, elle devint à l'âge de 82 ans, le modèle de Jules Desbois, Auguste Rodin et Camille Claudel, tous trois fascinés par la force expressive de ce corps abîmé par les épreuves de la vie. Jules Desbois, le premier, fit poser la vieille femme vers 1887 (La Misère, musée Rodin), puis Rodin l'engagea à son tour comme modèle pour la réalisation d'une sculpture de Vielle Femme, destinée au pilastre gauche de La Porte de l'Enfer. L'oeuvre prit ensuite son autonomie et fut baptisée Celle qui fut la Belle Heaulmière (1888, musée Rodin). Camille Claudel, enfin, s'inspira du corps usé et flétri de Marie Caira pour créer Clotho (1893, musée Rodin)."

 

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"Clotho" - Camille Claudel

"Clotho Exposée, dans sa version en plâtre, en 1893 à la Société nationale des Beaux-Arts, l'oeuvre s'inspire de la mythologie gréco-romaine. Une souscription organisée pour fêter Puvis de Chavannes en 1895 permet alors de commander à Camille Claudel une version en marbre (aujourd'hui perdue) qui fut achevée en 1897 et présentée en 1899 à la Société nationale des Beaux-Arts. Clotho était la plus jeune des trois Parques qui présidaient à la destinée humaine. Présentée sous les traits d’une très vieille femme, la sculpture s’inscrit dans un dialogue artistique entre Rodin et Camille Claudel autour de la représentation de la vieillesse. L’œuvre constitue également un des points de repère de la préoccupation claudélienne du destin dont on retrouve d’autres traces dans son travail. Emprisonnée dans ses cheveux comme dans des rêts qui pèsent sur sa tête de tout leur poids et semblent la paralyser, Clotho, présentée au salon en même temps que la Valse, en est la presque exacte antinomie."

Source : site internet Musée Rodin

 

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"La Valse" - Camille Claudel

 

 

Camille

La petite drôle de fille
Avec des yeux trop grands
Pour ne pas être bleus,
La petite drôle d´anguille
Avalait en courant
La forêt quand il pleut
Et la terre sur laquelle elle jetait son corps
Comme on s´endort sur l´autre,
Ce lit où la vie se vautre,
Elle jurait que ses mains y défieraient la mort
Paul, mon petit Paul, tu vois
Ces branches que la pluie
Dessine sur le ciel?
Il m´arrive quelquefois
D´imaginer la nuit
Des arbres artificiels
Et je sais très bien qu´un jour
J´animerai la pierre de mon ciseau-caresse,
Oui, le marbre a sa faiblesse
Et je veux lui donner la forme de l´amour.

Camille, la vie, c´est le seul vrai mélo
Ça part d´un grand éclat de pleurs
Ça rit avec des trémolos
Camille, la vie, c´est un superbe enfer
Et Dieu est un curieux sculpteur
Qui tue les statues qu´il préfère

La petite drôle de femme
Au fond de l´atelier
Du grand Monsieur Rodin,
La petite drôle de dame
En habit d´écolier
Ignorait le dédain
Et faisait sourire une âme
Aux lèvres de granit
Au milieu du grand vide
Où le temps sculpte des rides
Aux étangs de champagne
Et au front d´Aphrodite.
Oh, Monsieur Rodin, le feu
Le feu, je veux pouvoir l´enfermer dans la pierre!
Oh, Monsieur Rodin, mes yeux,
Pourquoi me font-ils mal le soir sous mes paupières?
La mort, non, je n´ai pas peur d´elle
Mais j´ai peur que l´amour nous oublie en chemin.
Nous, les amants immortels,
Toi, Auguste Claudel,
Moi, Camille Rodin

Camille, la vie, c´est le seul vrai mélo
Ça part d´un grand éclat de pleurs
Ça rit avec des trémolos
Camille, la vie, c´est un superbe enfer
Et Dieu est un curieux sculpteur
Qui tue les statues qu´il préfère

Serge Regiani

 

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26 avril 2014

Salon du dessin 2014 - Celle qui fut la Belle Heaulmière - Auguste Rodin

 

J'ai choisi de mettre en lumière ce dessin d'Auguste Rodin. Je réalise seulement maintenant à quel point il ressemble étonnamment à celui de Jan Toorop.

Les images confrontées du dessin et de la sculpture me permettent d'illustrer pourquoi je donne ma préférence au dessin par rapport aux autres modes d'expression artistiques : il est sans aucun doute plus proche de l'idée et du coeur. Grâce à la simplicité et à la rapidité des moyens employés. Je pense que c'est la raison pour laquelle il me touche davantage. La sculpture a des qualités esthétiques supplémentaires je ne le nie pas. Elle est à la fois "plus" et "moins" que le dessin. Je ne sais pas pourquoi je suis plus sensible dans un cas que dans l'autre, tout cela est bien mystérieux.

Il me vient l'idée que ce qui différencie les deux c'est la main de l'artiste, que je sens dans l'écriture, tellement expressive. Oui, c'est cela que j'aime.

 

auguste rodin

 

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"Cette œuvre est intitulée Celle qui fut la Belle Heaulmière. L'artiste n'a pas hésité à évoquer les outrages du temps qui marquent le modèle et illustrent éloquemment la vieillesse. La chair de la femme a perdu toute sa fraîcheur, les bras sont comme décharnés et l'attitude du modèle laisse transparaître un sentiment de pudeur, voire de honte. Mais Rodin a conçu cette sculpture avec le souci d'exprimer la beauté, une beauté capable de se dégager d'un corps tel que celui de cette vieille femme car l'artiste considère que tout ce qui est dans la nature est beau. L'original de cette statue, en bronze, fait partie de la composition monumentale de La Porte de l'Enfer qui fut remontée dans le musée Rodin de Paris après la mort de l'artiste."

 

Les regrets de la belle heaulmière

Advis m'est que j'oy regreter
La belle qui fut hëaulmiere,
Soy jeune fille soushaicter
Et parler en telle maniere:
`Ha! viellesse felonne et fiere,
Pourquoi m'as si tost abatue
(…)
"Qu'est devenu ce front poly,
Ces cheveulx blons, sourcilz voultiz,
Grant entroeil, le regart joly,
Dont prenoie les plus soubtilz;
Ce beau nez droit, grant ne petit;
Ces petites joinctes oreilles,
Menton fourchu, cler vis traictiz,
Et ces belles levres vermeilles?
LIII
"Ces gentes espaulles menues;
Ces bras longs et ces mains traictisses;
Petiz tetins, hanches charnues,
Eslevées, propres, faictisses
A tenir amoureuses lisses;
Ces larges rains, ce sadinet
Assis sur grosses fermes cuisses,
Dedens son petit jardinet?
LIV
"Le front ridé, les cheveux gris,
Les sourcilz cheuz, les yeulz estains,
Qui faisoient regars et ris,
Dont mains marchans furent attains;
Nez courbes, de beaulté loingtains;
Oreilles pendans et moussues;
Le vis pally, mort et destains;
Menton froncé, levres peaussues:
LV
"C'est d'umaine beaulté l'yssue!
Les bras cours et les mains contraites,
Les espaulles toutes bossues;
Mamelles, quoy! toutes retraites;
Telles les hanches que les tetes.
Du sadinet, fy! Quant des cuisses,
Cuisses ne sont plus, mais cuissetes,
Grivelées comme saulcisses.
LVI
"Ainsi le bon temps regretons
Entre nous, povres vielles sotes,
Assises bas, à crouppetons,
Tout en ung tas comme pelotes,
A petit feu de chenevotes
Tost allumées, tost estaintes;
Et jadis fusmes si mignotes!
Ainsi emprent à mains et maintes."


François Villon, Le Testament

 

"Villon, "La belle heaulmière"

 

"Dans le texte de Villon, il est donc fait allusion à la beauté perdue de la belle heaulmière. Encore faut-il savoir ce qu’est une heaulmière.

Le terme nous semblera plus familier si on supprime la lettre « l » intermédiaire. Heaumière renvoie alors manifestement à heaume, c’est-à-dire au casque porté par les hommes d’armes du Moyen Age. Ce casque enveloppait la tête et le visage et était muni d’ouvertures pour les yeux.

Dans la Chanson de Roland, le terme est orthographié « helme » et vient de l’ancien francique « helm », qui signifie casque (voir allemand et néerlandais actuels). Le mot a été latinisé en helmus au VII° siècle et on le retrouver sous cette forme dans les Gloses de Reichenau.

Pour rappel, les Gloses de Raichenau sont un glossaire de mots romans interprétant des termes de la Vulgate (traduction latine officielle de la Bible) et qui prouve par ailleurs que le latin n’était plus compris puisqu’il fallait le traduire.

Dès lors, si le heaume est un casque, le heaumier désigne la personne qui fabrique ce casque. La heaumerie, quant à elle, renvoie à l’atelier de fabrication et la heaumière est la femme du heaumier .

Ici, Villon fait allusion à une dame qui, à Paris, avait été célèbre pour sa beauté à une certaine époque. Le thème qu’il développe est finalement assez courant : vanité des biens terrestres et égalité de tous devant la mort. Il faut se remettre dans le contexte du Moyen Age pour en saisir toute la portée : d’une part la vie y est précaire (absence de médecine, mortalité élevée, etc.) et d’autre part la religion prédomine tout le mode de pensée. Elle se présente en effet comme une consolation devant la misère ambiante en proposant une vie éternelle en laquelle tout le monde semble croire. Les gens modestes ou frappés par le sort y trouvent donc une sorte de consolation (voire de vengeance) : la mort abolit les différences sociales et traite tout le monde avec égalité. Il s’agit finalement d’une sorte d’idéologie communiste post-mortem, si on y réfléchit bien, l’aspiration à un régime égalitaire, une sorte de Grand Soir qui se concrétisera dans le paradis promis par le Christ.

Mais revenons au texte de Villon. Celui-ci-, habillement, feint de faire parler la belle heaumière, afin de rendre son texte plus vivant et dès lors plus poignant. Elle se révolte contre la vieillesse félonne et regrette de n’avoir pas joui davantage de sa jeunesse. Puis elle passe en revue son corps décrépi et le compare avec son aspect antérieur (« Qu'est devenu ce front poly ces cheveulx blons, sourcilz voultiz »),non sans à l’occasion risquer une pointe érotique (« ces belles levres vermeilles », les seins menus, les hanches bien développées faites pour « tenir amoureuses lisses », le sadinet (ce qui est gracieux, doux, agréable) dans son jardinet au haut des cuisses (qu’en termes galants ces choses-là sont dites…).

Le contraste est saisissant entre la situation d’antan et ce que la belle est devenue. Son front est ridé, le regard rieur qui attirait les marchands est éteint, le visage est pâle, etc. Villon ne se contente donc pas d’une réflexion théorique sur la fuite du temps, mais entre dans des descriptions physiques qui sont plus parlantes qu’un long discours. En agissant de la sorte et en faisant tenir tous les propos par la dame qui a perdu ses attraits, il renforce le côté dramatique de la scène.

De plus, la belle heaumière passe subitement à la première personne du pluriel. Elle ne se plaint donc pas seule mais s’exprime au nom de toutes les femmes, ce qui renforce la teneur de ses propos. La description physique ne concernait que son seul corps (ce corps merveilleux qui avait fait sa réputation), mais la conclusion se veut générale. Il n’y a pas qu’elle qui est touchée par la fuite du temps, mais c’est toute l’humanité qui est concernée.

Les vieilles parlent entre elles de leur passé (« Ainsi le bon temps regretons Entre nous, povres vielles sotes »). Elles ne semblent pas avoir d’autres interlocutrices qu’elles-mêmes, ce qui renforce leur solitude. Ce n’est pas à la jeunesse qu’elle font la morale. Isolées, rejetées peut-être, c’est avec d’autres vieilles qu’elles parlent de leur malheur, constituant ainsi un microcosme de personnes séniles. Cette mise à l’écart sociale renforce une nouvelle fois leur décrépitude.

Villon est donc passé de la description d’un corps jeune et beau à celui d’une ancêtre (sous la forme du monologue de la belle heaumière), puis il a étendu le procédé en imaginant ce dialogue entre les vieilles.

Tout est alors mis en œuvre pour renforcer leur décrépitude et leur malheur. Ainsi elles ne sont pas assises mais sont « à crouppetons » devant le feu. Peut-être faut-il y voir un signe de leur pauvreté matérielle (elles n’ont même plus de chaises) mais peut-être aussi est-ce pour elles une manière de mieux se réchauffer (la mort approchant, leurs membres sont déjà froids). Ce qui est sûr, c’est que leur position a quelque chose de misérable qui tranche avec leur beauté altière d’autrefois. Ramassées en tas, on se demande si elles ont encore forme humaine.

Notons qu’elles ne se réchauffent pas auprès d’un bon feu, mais d’un petit feu de chènevotte (partie ligneuse du chanvre. L’idée est celle de la minceur du matériaux : ce combustible s’enflamme vite mais ne dure pas longtemps).C’est peut-être pour cela qu’il leur faut s’accroupir : pour mieux jouir de cette flamme éphémère. L’idée renvoie à la beauté du corps, tout aussi éphémère que cette flamme. Les vieilles, rassemblées autour de ce feu aussi vite allumé qu’éteint, parlent de leur jeunesse trop tôt évanouie. Nous avons donc un phénomène de mise en abyme, le décor présent étant une métaphore du thème développé.

Par ailleurs, les rimes en « otes » rapprochent « pelotes » et « chenevotes », ce qui renforce encore le côté dramatique de la scène : on insiste d’un côté sur l’aspect éphémère de le jeunesse, tandis que la vieillesse semble s’éterniser dans ce « tas » de vieilles amassées comme pelote, vieilles qui par ailleurs ne parviennent même plus à se réchauffer à ce feu qui ne dure qu’un instant (pas plus qu’elles ne parviennent à se consoler avec leurs souvenirs).

Puis vient ce vers « Et jadis fusmes si mignotes! » qui rappelle d’une manière bouleversante ce qu’elles furent avant d’être devenues ce qu’elles sont. Faut-il y voire une sorte de résignation ? Peut-être. En tout cas le dernier vers «Ainsi emprent à mains et maintes » propose une sorte de consolation. Cette situation qu’elles connaissent concerne en fait tout le monde. Piètre consolation, on en conviendra, mais qui renvoie à une définition du destin commun.

Poème profond et tragique que ce texte de Villon, qui décrit en quelques strophes l’histoire d’un parcours individuel. Dans la poème suivant (« Ballade de la belle Heaumière aux filles de joie), il propose une sorte d’épicurisme : profitez de la vie et des plaisirs du corps pendant qu’il est encore temps car la vieillesse n’est que «monnoie qu'on décrie » ."

Source : Marche Romane

8 avril 2014

Drawing now 2014 - André Raffray - Bruno Rousselot - Thomas Lanfranchi

Je n'ai pas retrouvé sur internet les images des dessins qui m'ont plu à la galerie Semiose, juste une photographie de leur stand où on les aperçoit, je les évoque ici pour mémoire.

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J'ai regardé :


- le grand portrait double vu de face, sur le panneau André Raffray, pour la technique. J'ai noté "points et graphite".

- le tableau qu'on entrevoit à l'intérieur, de Bruno Rousselot, pour l'effet des rectangles noirs sur ambiance grise dans cette composition.

- la série de dessins du panneau tout à droite, de Thomas Lanfranchi, exécutés sur papier ligné à l'encre bleue, avec des aplats rouges ou bleus collés.

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8 avril 2013

Chemin de Compostelle - 12

12

J'ai fait attention cette fois au tracé des lignes verticales, c'est meilleur. Par contre encore des erreurs de proportion, visibles surtout dans le clocher. J'ai fait attention à la largeur des étages mais pas suffisamment à leur hauteur. La leçon à en tirer est qu'il faut que je regarde et analyse davantage avant de tracer, puisque je dessine au feutre. Je dessine volontairement à l'oeil, sans mesurer. J'ai utilisé une pointe plus fine (0.1), je trouve que le rendu est meilleur. Il faut que je travaille un peu plus les végétaux, j'aimerais pour les feuillages des marques plus petites et plus arrondies.

Je continue d'avancer pas à pas sur le "chemin" que je me suis tracé. L'objectif à court terme est double :

1- Progresser en dessin
2- Accepter les erreurs.

A plus long terme j'espère pouvoir me remettre à la peinture. Etre capable de peindre et dessiner plus sereinement, sans que mon perfectionnisme ne me gâche le plaisir que j'en retire.

10 octobre 2012

Une ile

L'année dernière pour illustrer la chanson de Jacques Brel j'avais peint une île et je l'avais loupée. J'ai récidivé aujourd'hui avec le même sujet en cours de dessin. On devait normalement faire une étude de ciel, j'ai pris ce que j'avais sous la main : cette île.

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 Une île - esquisse au pastel sec batons et crayons sur feuille blanche - 40 X 55 cm

La semaine prochaine nous continuerons sur les ciels. Pour cette fois j'ai encore utilisé les pastels, j'avais envie de couleurs.

Notre prof nous a fait la démonstration d'une technique. Sur une feuille blanche (pour aquarelle) il fait des marques à la mine de plomb, puis à la pierre noire. Il estompe au mouchoir en papier. Ensuite il fait des marques au pinceau à l'encre de chine. Les traces peuvent évoquer des arbres, un paysage, des personnages... Avec une brosse plus large il prend du gesso qu'il applique, cela a pour effet de méler et estomper les traces. Quand c'est sec il retravaille à l'encre de chine, diluée plus ou moins. Il gratte ou il estompe. Il tamponne avec un mouchoir. Au fur et à mesure des marques successives le tableau se construit.

15 octobre 2012

Visage(s)

2

 6

8

Evolution d'un autoportrait  - fusain

Photos prises du même dessin au fur et à mesure de son "avancement". En fait il s'agit plutôt de deux dessins faits sur la même feuille, successivement. 

Que dire ? C'est terrible l'autoportrait. 

Première utilisation de la table à dessin qui m'attend depuis des mois sur un petit bureau, dans le coin de ma chambre.

6 août 2012

Le mur

Mon tableau est fini.

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Feutre sur bristol - morceaux coupés et collés sur feuille à dessin noire et blanche et pages de livres - 60x 80 cm

Au milieu il y a le rectangle fait en tout premier. Constitué de morceaux collés sur un fond blanc. Les morceaux sont irréguliers. De tailles et de formes. Certains dessins sont figuratifs. J'y reconnais une petite fille et une maison. Il y a aussi le chiffre 2, je me suis demandé ce qu'il faisait là,  jusqu'à ce que l'idée me vienne que ce sont les autres enfants que j'aurai pu avoir. Quelle idée étrange.

P1340273

Ce rectangle central évoque la difference. Comme un iris blanc parmi des iris bleus. Ce tableau de Van Gogh est un de ceux qui me parlent le plus.


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L'iris blanc (Van Gogh)

Je voulais que ce rectangle soit placé au centre d'un fond noir sur lequel j'aurai collé des morceaux de bristol coloriés de forme identique, très réguliere de 3 carreaux sur 5. Je voulais représenter un mur de briques. Mais finalement un autre fond que le noir s'est imposé : les pages jaunies d'un vieux bouquin sur la psychanalyse que quelqu'un m'a donné pour s'en débarasser. Finalement à la place du fond noir j'ai donc mis des pages de texte jaunies dont on aperçoit les lettres entres les briques coloriées. La folie a tout a fait sa place en arrière plan et donne du sens à l'enfermement que je veux exprimer. Les pages du bouquin ne couvrant pas l'ensemble de la feuille de 60x80 cm, sur le pourtour extérieur, j'ai laissé dans un angle une bande blanche et dans l'autre une bande noire. N'allez pas me demander pourquoi je n'en ai aucune idée.

Je voulais à l'évidence parler de différence, de solitude et d'enfermement. De manque d'air. Et puis curieusement en collant les petits papiers, en batissant mon mur tout autour, brique après brique, j'ai laissé des respirations, comme des morceaux de ciel entre les nuages, comme des ouvertures. Et puis j'ai vu que mon rectangle central différent ne l'est pas tant que ça et qu'il s'intègre par endroit au mur environnant.

Je ne suis pas fichue de dire si l'ensemble est plutôt laid, ou plutôt beau. Je n'en sais fichtre rien et peut m'importe. Disons qu'il me surprend. Je ne l'ai montré à personne.

Se pose maintenant la question de la suite.

5 novembre 2011

Premier modelage cuit

Reprise des cours de modelage. Notre prof a fait cuire nos pièces terminées pendant les vacances. Le four monte à une température de 1000°, ce qui fait une cuisson très longue, le temps que le four monte en température et se refroidisse. La terre que nous utilisons est chamottée. Plus dure et plus résistante à la cuisson que la terre qu'on utilise en poterie.

Mon premier modelage a ainsi vu le jour... c'est une femme stylisée endormie, sujet que j'avais déjà modelé dans mes premiers essais sans cuisson, avant de prendre des cours. Je l'ai réalisé d'imagination, sans croquis préalable et sans modèle, et sans non plus avoir le canon du corps humain en tête. Je pense que les séances de croquis de nu vivant et le travail lié me permettront d'avoir des proportions plus harmonieuses les prochaines fois.

Je ne recherche pas l'exactitude, j'aime bien forcer le trait (ici la courbe), mais ça aidera je pense.

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J'ai choisi de faire une finition aspect bronze. On utilise tout simplement de la peinture acrylique noire utilisée pure, sur laquelle on applique une patine, dans ce cas une peinture acrylique marron très diluée à l'eau. Une fois le modelage sec (c'est très rapide), on lui passe de la cire (baume de l'antiquaire). Un petit coup de brosse à reluire puis on fait briller avec un chiffon sec.

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C'est une finition rapide, qui ne nécessite pas de cuisson et dont j'aime beaucoup le rendu, c'est vraiment proche du bronze. La pièce tranche bien sur un meuble blanc, les reflets brillants mettent les courbes en valeur (et les défauts de modelage aussi).

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J'ai commencé une nouvelle petite chose dans la foulée, sans modèle car je trouve ça plus interessant d'essayer d'être créatif, surtout que c'est plus facile en 3 dimensions qu'en dessin, alors autant en profiter. Je modèle une expression sereine, dans mon esprit, un visage heureux exposé au soleil. J'imagine façonner comme un masque creux, pas une tête entière. J'ai attrapé un début d'expression, j'espère ne pas la perdre la prochaine fois. Je pense à une finition type pierre blonde.

Je mets en pratique ce que l'on m'a conseillé : me faire plaisir, accepter les loupés. La prof et les élèves me reparlent de ma pièce massacrée de colère. Je sens que je n'ai pas fini d'en entendre parler :-)

7 décembre 2011

En cours : Fontfroide (suite)

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Première séance de peinture. Pas facile d'obtenir une photo correcte avec l'éclairage de cette journée de pluie et les brillances de la peinture fraiche...

J'ai peint les colonnes au couteau en lissant bien la peinture qui est en couche très fine. Pour le jardin j'ai pris le pinceau, plus pratique pour les petites zones. Finalement mon mélange peinture/huile polymérisée, bien qu'assez visqueux, peut aussi s'appliquer au pinceau. Il faudra de toute façon que je trouve une solution pour peindre à la peinture à l'huile sans utiliser la térébenthine, que je ne supporte pas.

J'ai utilisé dans un premier temps un brun (mélange) pour les colonnes. Mon prof m'a suggeré de lui ajouter du bleu et du rouge. Le conseil en fait est d'utiliser du rouge dans les tons sombres qui sont proches et du bleu dans les tons sombres les plus lointains.

Je suppose que les tons chauds avancent tandis que les tons froids reculent.... A vérifier.

Mon prof aimerait me voir peindre sans faire de dessin préparatoire aussi poussé au fusain. Je reconnais avoir besoin de "béquilles". Surtout pour traduire les dégradés de valeurs en couleurs. Voir les valeurs transparaitre sous la peinture m'aide beaucoup. Il m'a dit qu'à terme mes béquilles allaient plutôt me gêner. Je veux bien le croire.

Le prochain sujet imposé sera un nu et ce sera l'occasion de marcher sans béquilles (sans dessin). Ce que j'avais fait déjà pour le portrait.

Pour cette occasion mon prof m'a dit de préparer un fond dans les ocres. Pour sa part, il peint tantôt sur des fonds sombres, tantôt sur des fonds plus clairs, c'est selon. Pour l'abbaye j'ai un fond jaune pale qui me permet de "récupérer" les lumières. Mon prof m'a dit qu'en peinture à l'huile on procède plutôt par ajout de matière claire sur le foncé plutôt que par réserves (ce que j'ai tendance à faire) comme en aquarelle .

Pour notre expo (j'ignorais qu'il y en aurait une...) il aimerait que je présente un dessin avant mise en peinture, pour montrer le avant/après. Je me demande comment nous allons pouvoir présenter mes peintures sur papier...

10 février 2012

Dessinez chaque jour

"Mettez-vous à dessiner, juste un peu chaque jour, de sorte que vous ne puissiez pas en arriver à perdre le goût du dessin, ou à en être fatigué...

Ne manquez pas, au fil du temps, de dessiner quelque chose tous les jours, si peu que ce soit, cela en vaut la peine et vous fera tout le bien du monde."

Cennino Cennini

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Croquis rapide d'après photo - mine de plomb

21 novembre 2011

Peinture au couteau - 3

A la dernière séance nous nous étions arrêtés à la limite du premier plan.

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Cette fois j'ai pris des notes pendant que notre prof faisait la démonstration de la suite sur sa propre toile. En voici la transcription :

"Pour faire le premier plan, je garde les mêmes couleurs que les fonds intiaux en les forçant. Je les rends plus puissants ce qui va les rapprocher. Dans le lointain j'étais dans le flou, plus je m'approche du premier plan plus je détaille.

Je procède toujours par plans. Je commence par le pré à droite. Je le fais ressortir sur les bosquets qui sont foncés derrière en choisissant un ton plus clair. Je fais des cassures avec des petites touches nuancées tout en gardant une unité.

On imagine le talus sous le pré à l'ombre, on va donc le faire plus foncé. On choisit pour cela une couleur plus forte. Elle sera plus claire à gauche (en s'éloignant) qu'à droite (plus proche).

J'utilise un pinceau-éventail à poils assez raides pour dessiner des herbes. Je mouille le pinceau de White spirit, je l'essuie. Je prépare ma couleur sur la palette. Je prélève de la peinture avec le coin du pinceau et je la pose en tenant le pinceau à mi-manche, tête vers le haut, d'un mouvement montant en effleurant la toile. Je griffe du bas vers le haut. J'essuie le pinceau, je recommence.

Je fais les poteaux de la cloture avant l'herbe. Les herbes vont recouvrir en partie les poteaux. Je prends pour cela un bleu clair et une terre de sienne. Je réalise les piquets en trois nuances. Une couleur foncée, une claire et une entre deux. La plus claire du coté éclairé. Je mets de la lumière en haut du poteau également. Pour faire les fils de la cloture, je vais prendre une couleur claire si le fond est foncé et foncée s'il doit ressortir sur du clair. Je peins le fil en prélevant de la peinture sur le tranchant de la lame du couteau et en la posant en un geste. Sur le tranchant : on pose, on tire. Ne pas peindre des fils tout le long, éviter de faire les poteaux trop droits ou trop verticaux.

Le talus à gauche : je le force sur le devant. J'utilise du blanc pour éclaircir les couleurs dans les arrières plans mais jamais dans les premiers plans, cela éteint les couleurs. J'utilise alors du jaune ou du crème.

L'arbre : le faire fort : c'est le sujet principal du tableau, avec le chemin. J'utilise du bleu de prusse, terre de sienne, vert de vessie, terre d'ombre brûlée. Je fais des tâches plus foncées, j'en pose un peu partout. Le haut de l'arbre ne doit pas toucher la ligne d'horizon, le faire plus haut ou plus bas que celle-ci. Les couleurs plus claires se posent après. Un conseil : ne pas utiliser trop de couleurs dans un tableau, ne pas barioler. Avec le grand couteau, je pose dans les trous, j'essuie, je recommence. Ensuite avec le petit couteau je fais encore plus clair. On laisse des trous, on tourne le couteau dans tous les sens. De la couleur plus claire en haut pour la lumière. Les branches sont faites avec le tranchant du couteau. Clair sur foncé ou foncé sur clair. Et ensuite repeindre du feuillage dessus.

Pour peindre la route, utiliser des couleurs de terre pour la transformer en chemin, plus interessant qu'une route goudronnée. Ne pas mélanger les couleurs completement sur la palette. Poser les touches dans le sens du chemin en suivant sa courbe. Poser des touches d'ombre à droite le long du talus (pas partout). Des lumières avec le pinceau éventail à droite. Quelques touches plus nuancées sur le chemin."

Tout ce discours est tenu par le prof en même temps qu'il peint sur sa toile de démonstration. Je suis surtout occupée à noter et je jette quelques regards de temps en temps mais je suis mal placée pour voir. Le résultat est bluffant. Je soupire, je doute d'arriver à sortir quelque chose de potable. Tout est à faire d'imagination...

Arrivée devant ma toile je suis un peu découragée devant la surface à "remplir". Je commence en suivant la démarche du prof mais je trouve finalement qu'il serait plus simple de peindre de grands aplats que je retravaillerai ensuite. Le pré de gauche d'une couleur, celui de droite d'une autre, les talus plus foncés, le chemin avec quelques zones. Cela s'avère une bonne idée.

Je n'utilise pas les mêmes couleurs que le prof, j'ai voulu me contenter de la dizaine de couleurs "de base" que j'avais déjà. Les primaires entre-autres. Je dois donc faire mes propres mélanges "au feeling".

Je fais l'arbre. Je me recule. Ce n'est pas un arbre ce sont des tâches... Le pré, le chemin, ce n'est pas un pré, pas un chemin, mais des aplats de couleurs... J'ajoute quelques touches dans le pré pour nuancer. Je soupire je suis dégoutée. Je plante quelques poteaux.

Et d'un seul coup "ça y est". Je renonce à expliquer... C'est assez magique. Et très jubilatoire. A partir de cet instant le tableau se termine très rapidement.

J'ajoute quelques coquelicots non prévus au programme. Le prof me conseille de faire disparaître un peu le tournant du chemin, de prendre un peu d'herbe foncée pour la mettre dans l'herbe claire et vice versa. Ensuite il crie d'arrêter "voilà, c'est fini ! on n'y touche plus !!" et montre comment signer avec le tranchant du couteau. Nous dit de choisir un nom pour notre réalisation (il propose "Souffrance") :D

seance3DCM - "Ma croute" - huile sur toile - 61 X 50 cm

Pour mémoire, voici la photocopie A4 N&B qui nous a servi de point de départ :

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Même si ce n'est pas le chef d'oeuvre du siècle (tellement de choses à améliorer) le plaisir est là. J'adore cette technique. Il est prévu une séance de plus pour apprendre à faire l'eau sur un autre sujet (format 8P).

J'ai préparé la toile pour la prochaine séance avec une couche d'acrylique jaune. Le prof n'utilise pas de gesso. Je comprends maintenant pourquoi. Cette technique tire profit du fond jaune et des petits trous de la toile qui restent visibles sous les aplats posés au couteau. Cela apporte de la lumière et ne serait pas possible avec un enduit plus lissé.

Nous devons apporter nos toiles la fois prochaine pour en faire la critique. J'en profiterai pour prendre quelques photos.

J'ai acheté un bouquin "le nuancier de la peinture à l'huile" pour essayer de travailler sur mes soucis de couleurs (trop pétantes à mon goût). Et plein de toiles :)

8 février 2012

La charpente

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Croquis rapide d'après dessin sans gomme ni mesures

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La même chose mais en dessinant d'abord le squelette puis les contours

Le deuxième dessin "se tient mieux", cela me confirme dans l'idée qu'il ne faut pas que je dessine les contours de mon sujet en premier mais qu'il faut que je commence par placer son squelette.

29 janvier 2012

Nu 2

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Crayons noir et blanc sur papier kraft - d'après un dessin de J. Sheppard

Ce dessin est fait comme le précédent, au jugé et sans placement préalable des éléments du squelette (fait avant l'exercice de l'article suivant). Je teste le dessin sur kraft et l'usage du blanc pour les lumières. Je trouve que le modelé y gagne. J'aimerais trouver des blocs de papier gris assez foncé comme celui utilisé par Sheppard.

Merveilleux le dessin de la figure humaine, on voit tout de suite quand ça cloche. C'est un maître d'une exigence qui n'admet aucune imperfection.

22 janvier 2012

L'oiseau

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L'oiseau - modelage argile chamottée - 11cm x 11 cm - d'imagination

On peut y voir ce qu'on veut, une femme recueillant l'eau d'une source ou une femme implorante...

Dans mon esprit c'est une figure de la maternité. Elle regarde l'oiseau qui vient de s'envoler de ses mains. C'est une petite ébauche de la sculpture que je ferais si je savais le faire.

Je l'ai réalisée en une seule séance, j'avais bien son geste en tête, mais je me heurte à ma méconnaissance de l'anatomie.

Pas de finition pour l'instant, la terre est cuite mais brute.

30 décembre 2011

Masque serein

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Terre cuite - Modelage en argile chamottée - d'imagination - finition peinture et cire façon pierre

Ce modelage a le pouvoir de me faire sourire. J'ai eu plaisir à le faire, j'ai plaisir à le regarder et à le toucher. Il représente un visage tendu vers le soleil, homme ou femme. J'ai pensé à Romy Schneider en le façonnant, à son visage rayonnant.

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17 novembre 2011

Le pont de Rohan

Cours de peinture à l'huile. Nous attaquons le "pont de Rohan" dont j'ai déjà parlé ICI.

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Je n'ai pas apporté mes peintures, seulement de quoi dessiner. J'ai préparé un support à peindre, papier peint tendu sur une planche de médium. Apprêté au gesso teinté jaune pâle, dimensions : 45 cm x 60. J'ai decidé d'apporter un soin particulier au dessin pour remédier à mon défaut habituel qui est de bâcler la mise en place.

Le prof commence à expliquer comment procéder : se lancer directement à la peinture et... ne pas dessiner !

Je regarde consciencieusement sa démonstration sur la toile d'une élève. Il pose les grandes masses foncées, se focalise uniquement sur les valeurs. Brun, bleu, blanc bleuté, Le paysage bâti prend forme immédiatement, ainsi que les reflets dans l'eau. C'est assez magique. L'ambiance qui se dégage est bluffante. "Quel talent !" C'est sa remarque gentiment moqueuse habituelle quand il nous regarde faire, mais à son propos cela n'a rien d'une moquerie... On admire. Et... bon courage à l'élève qui va devoir poursuivre derrière lui !

Je note mentalement chacun de ses gestes, j'apprends. Et je fais ce que j'avais prévu, c'est à dire exactement l'inverse de ce qu'il a conseillé de faire : je dessine avec soin les batiments après avoir fait une mise au carreau.

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Même ainsi, j'ai beaucoup de mal et il y aura des choses à corriger : la verticalité des façades et leur alignement avec leur reflet. Je le ferai à la maison, à tête reposée et à la règle. Je veux un dessin juste avant de commencer la couleur. J'ai envie de lignes droites et coupantes pour la partie haute, qui trancheront avec le flou de l'image reflétée.

J'envisage de fixer le fusain pour conserver le dessin et non repasser dessus à l'acrylique, je ne sais pas si c'est possible.

11 janvier 2013

Les poneys de Laura - 2

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Une première esquisse au pastel (sanguine, sépia noir et blanc) sur papier d'emballage.

Laura aime la photo qu'elle m'a fournie, je vais donc rester sur cette composition.

Ce qui me gêne dans la photo, c'est que les nez des poneys butent sur le bord extérieur, j'ai donc donné plus d'air en élargissant le point de vue. Je n'aime pas non plus le regard du plus petit poney, un peu apeuré par l'appareil photo. Je peux corriger cela en lui donnant un petit air curieux comme ici sur le dessin.

La gageure est de respecter la ressemblance. Le propriétaire d'un animal sait tout à fait le reconnaitre... ou pas. Pour cela il va falloir que je soit précise, quitte à dessiner avec un quadrillage.

Je ne sais pas si je retravaille ce dessin (j'avais oublié mes estompes, du coup c'est resté un peu grossier) ou si j'en fais un autre. Je vais peut-être le laisser tel quel, juste foncer l'arrière plan. Je ne veux pas perdre ce qu'il y a dedans.

Tourner la tête des poneys dans la même direction (merci Isabelle :-) ) me demanderait de modifier l'incurvation de l'encolure du plus petit poney, pour éviter qu'il ait l'air de regarder vers l'intérieur du box. Mais pour cela il me faudrait d'autres photos, parce que je ne suis pas capable de réaliser cela sans modèle.

26 septembre 2011

Le lion

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Mes cours de peinture commencent mercredi (si tout va bien !). J'ai fait ça en attendant avec de la peinture acrylique sur un carton toilé (20x20 cm). Ni complètement raté ni complètement réussi. Un essai. Etat des lieux de ce que je peux faire avant d'apprendre, je pourrai juger des progrès. Pas top la peinture acrylique sur la toile. Elle sèche vite, les couleurs ne se fondent pas la consistance ne me plait pas trop. J'aimerais quelque chose de plus épais. Je suppose que la peinture à l'huile correspond plus à ce que j'attends. Il faut que je m'en procure demain.

La copie de tableau est un exercice formateur (et ingrat je trouve, c'est tellement plus agréable de peindre sa propre vision des choses) mais difficile. On peut perdre de vue le sujet et se noyer dans les détails de l'interprétation que l'artiste en a fait.

J'ai pris pour modèle la reproduction sur carte postale d'une huile sur toile de Fabienne Arietti. Je ne connaissais pas cette artiste (cliquer pour accéder à son site). J'aime beaucoup sa palette de couleurs, ses tableaux "pop New york". J'aime particulièrement toute la série sur la ville : couleurs et atmosphère, lumière et motifs graphiques.

14 septembre 2011

Croquis d'après nature

Première sortie pour dessiner en extérieur. J'ai pris un équipement sommaire : un carton rigide, une sangle et deux pinces pour le tenir autour du cou comme une tablette portative, des crayons, une gomme et mon cahier quadrillé. J'étais dans un site où je pouvais m'asseoir mais il faudra que je prévoie un siège pliant pour la prochaine fois.
Je vais améliorer mon équipement en fonction des besoins.

C'est un endroit que j'adore, en hauteur avec une vue très dégagée. Une immense esplanade avec une sculpture monumentale qui me rappelle le temple de Karnak. Les colonnes surplombent un paysage superbe, une pièce d'eau, de la verdure, et très loin les minuscules tours de la Défense posées sur l'horizon. Ce matin le soleil projetait de belles ombres sur le sol. J'avais tout d'abord oublié de les dessiner. Jusqu'à ce que je me rende compte de leur importance. Dessiner révèle vraiment la beauté et permet de mieux l'apprécier.

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A l'autre bout de l'esplanade un groupe d'enfants s'est avancé dans ma direction pendant que je dessinais le batiment.

Quand j'ai eu terminé je suis retournée vers les colonnes. Je suis passée entre elles. La beauté du paysage entre les tours de pierre est saisissante. J'ai aperçu du coin de l'oeil un homme sur ma gauche.

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(croquis fait sur place)

Au pied des colonnes il était assis et il lisait, seul devant le paysage face au soleil. En costume gris, les cheveux blancs, les jambes croisées. Au sol l'ombre des colonnes, encore. Je me suis adossée le temps de saisir l'instant. Pas facile de dessiner debout, de tracer les traits droits. Mais c'est aussi un plaisir de faire vite. Observer tracer observer tracer. Les images s'inscrivent dans la tête. La manière dont la colonne émerge du sol. Toutes les lignes. Qui montent, qui filent, qui se croisent. L'ombre. Et la lumière.

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(croquis terminé à la maison)

Plus bas vers le fleuve, je me suis assise encore pour croquer la passerelle qui se détache rouge sur le vert des arbres et le vert de l'eau.

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Quelques petites silhouettes noires de joggeurs sur la passerelle redonnaient leur taille aux arceaux métalliques de la passerelle. Elle est si petite dans ce grand espace mais si grande quand on l'emprunte. On a l'impression qu'elle n'en finit pas. Je m'approcherai un autre jour. Il était déjà tard.

Le groupe d'enfant est passé derrière moi j'ai entendu leur voix "c'est la même dame que tout à l'heure" et les consignes données par leur accompagnatrice "si on rencontre un autre groupe on se res-pecte, si on a un problème on ne-se-bat-pas, vous venez me voir".

Temps de repartir. Beaucoup de marches blanches à gravir pour remonter, le soleil dans mon dos, puis le chemin entre les arbres.

Pas de cours de peinture cette semaine hélas, RDV le 28. J'espère ne pas être déçue. Pas de cours de dessin par contrecoup... je cherche des solutions.

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Et je dessine en attendant.

9 septembre 2011

Le télésportif

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Critérium HB et crayon 6B - A main levée - D'après un dessin de Serre tiré de l'album "le sport" - Hier soir, devant Masterchef à la télé ( il faudrait faire un "télécuisinier" avec la toque dans son fauteuil)

L'ambiance lumineuse est extra dans le dessin original. Les dégradés entièrement traités en hachures entrecroisées fines. Moi je n'ai pas eu la patience de me lancer dans les hachures. Toujours de grands traits impatients dans mes fonds, on ne se refait pas :-) Je l'ai fait au crayon parce que je ne dessine qu'au crayon dans ce cahier d'études. Je crois que je préfère tout de même l'encre. J'ai du mal à faire quelque chose de propre au crayon.

Mais j'aime beaucoup dessiner dans ce cahier. Le quadrillage a l'avantage de donner des repères verticaux et horizontaux sans qu'on ait à en tracer, j'ai juste à prendre mon cahier sur les genoux, un crayon et un gomme et c'est parti. Le format (21x21) est parfait. Je n'ai pas envie de faire des dessins plus soignés en ce moment, ni d'installer beaucoup de matériel et je pense que j'en ferai de toute façon en atelier.

Mes cours de dessin commencent à la fin du mois. Ceux de peinture et modelage la semaine prochaine.

21 décembre 2012

Homme drapé

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Craies conté (sépia, noir et blanc) sur papier d'emballage - 50 x 65 cm -
d'après "femme drapée" de Jacques Louis David

Enfin le plaisir. Mon problème est souvent de trouver un sujet à dessiner. Je me dis à quoi bon, j'ai du mal à trouver une motivation sachant l'imperfection de ce que je vais faire. J'ai remis en tête de blog une citation sur la qualité des moments passés, qui me rappelle que le dessin est juste la trace d'un instant précieux. J'ai tendance à l'oublier.

Sachant qu'on passe plusieurs heures à observer le sujet, il faut que celui-ci soit tout simplement intéressant à regarder. Que je me demande comment c'est fait.

Ici le plaisir est né de l'instant fugitif où le dessin en deux dimensions a pris soudain du volume, quand j'ai commencé à y travailler comme à une sculpture.

5 mars 2013

Frederick Barnard (1846-1896)

Frederick (Fred) Barnard : illustrateur, caricaturiste et peintre de genre. Il est connu pour son travail sur les romans de Charles Dickens. C'est un des précurseurs de la bande dessinée (voir à ce propos l'article consacré aux bandes dessinées du Graphic site Neuvieme art).

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"Barnard a travaillé comme illustrateur pour punch , The Illustrated London Nouvelles et Harper hebdomadaire . En 1871 Chapman and Hall lui commande l'illustration de neuf volumes des œuvres de Dickens dont Bleak House , A Tale of Two Cities , Sketches by Boz , Nicholas Nickleby , Barnaby Rudge , Dombey and Son et Martin Chuzzlewit. Il va produire environ 450 illustrations sur une période de huit ans.

À la fin du XIXe siècle, Barnard, un peu comme Luke Fildes , avait acquis une réputation enviable en tant que portraitiste de l'aristocratie et de la famille royale." (source : wikipédia)

J'ai eu beaucoup de mal à me restreindre dans le nombre d'images. Les illustrations de Fred Barnard sont tellement riches d'enseignements... composition, choix de cadrage, traitement des différents plans, expressivité des personnages, ambiance, jeux de lumières, chaque dessin est intéressant à regarder. Chaque scène illustrée raconte une histoire et donne une mine d'informations.

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Barnaby Rudge, the 'idiot boy'

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6 octobre 2011

Ruelle marocaine - 2eme séance (à la maison)

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Mon modède et le tableau

Il faut que je rectifie la hauteur de la porte à gauche peindre la marche. le personnage est un peu trop large, rectifier le mur de droite dessin en bas et valeurs en haut. Après je vais pouvoir m'affranchir de la photo.

Deuxième séance un peu plus concluante. J'ai travaillé en diluant mes peintures un peu trop épaisses avec de l'huile, je suppose que c'est ce qu'il fallait faire. J'ai sali beaucoup de pinceaux et gaché de la peinture. Je travaille encore salement mais je sens que ça vient :-)

Je comprends qu'il faut s'affranchir du détail dans ce format et ne pas avoir peur du geste. Je commence à tenir mes pinceaux differemment. Je me suis bien absorbée dans le tableau, les heures sont passées rapidement.

Il faut que je trouve un projet plus petit et en peinture acrylique pour participer aux réunions de mon association de peintres parce que je ne me vois pas balader ce grand truc...

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