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Vale Decem -  Au jour le jour
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28 juin 2013

Picasso - Propos sur l'Art - 5

Formes suggérées :

"Il me semble étrange qu'on soit venu à faire des statues en marbre... Je comprends qu'on puisse voir quelque chose dans une racine d'arbre, une lézarde de mur, dans une pierre corrodée, un galet... Mais le marbre ? Il se détache en bloc, ne propose aucune image... il n'inspire pas... Comment Michel-Ange pouvait-il voir son David dans un bloc de marbre ? Si l'homme est venu à fixer des images, c'est qu'il les découvrait autour de lui presque formées, déjà à portée de sa main. Il les voyait dans un os, dans la bosselure d'une caverne, dans un morceau de bois... Une forme lui suggérait la femme, l'autre un bison, une autre encore la tête d'un monstre."

venueaugaz

Picasso - la vénus du gaz
Cette vénus à l'allure primitive est en fait réalisée avec la seule aide d'un bruleur d'un fourneau au gaz , il est simplement dressé à la verticale.

 

"Devinez comment j'ai fait cette tête de taureau ? Un jour, j'ai trouvé dans un tas d'objets pêle-mêle une vieille selle de vélo juste à côté d'un guidon rouillé de bicyclette... En un éclair ils se sont associés dans mon esprit... L'idée de cette Tête de taureau m'est venue sans que j'y aie pensé... Je n'ai fait que les souder ensemble... Ce qui est merveilleux dans le bronze, c'est qu'il peut donner aux objets les plus hétéroclites une telle unité qu'il est parfois difficile d'identifier les éléments qui l'ont composé. Mais c'est aussi un danger : si l'on ne voyait plus que la tête de taureau et non la selle de vélo et le guidon qui l'ont formée, cette sculpture perdrait de son intérêt."

 

sellePicasso - Tête de taureau - assemblage selle et guidon de vélo

 

Comment naissent les idées :

"Je n'en sais rien... Les idées ne sont que de simples points de départ... C'est rare que je puisse les fixer telles qu'elles viennent à mon esprit. Aussitôt que je me mets à travailler, d'autres surgissent sous ma plume... Pour savoir ce qu'on veut dessiner, il faut commencer à le faire... S'il surgit un homme, je fais un homme... S'il surgit une femme, je fais une femme...

Ce que je veux saisir, malgré ma volonté, m'intéresse plus que mes idées..."

 

Variations :

On ne peut vraiment suivre l'acte créateur qu'à travers la série de toutes les variations."

 

Le sens de l'Art :

"Quand j'ai découvert l'Art africain, et que j'ai peint ce qu'on appelle mon époque africaine, c'était pour m'opposer à ce qu'on appelait "beauté" dans les musées... J'ai examiné ces masques, tous ces objets que des hommes avaient exécutés dans un dessein sacré, magique, pour qu'ils servent d'intermédiaires entre eux et les forces inconnues, hostiles, qui les entouraient, tâchant ainsi de surmonter leur frayeur en leur donnant couleur et forme. Et alors j'ai compris que c'était le sens même de la peinture. Ce n'est pas un processus esthétique ; c'est une forme de magie qui s'interpose entre l'univers hostile et nous, une façon de saisir le pouvoir, en imposant une forme à nos terreurs comme à nos désirs. Le jour où je compris cela, je sus que j'avais trouvé mon chemin."

artMasque Senoufo

 

Art autobiographique :

"Je peins comme d'autres écrivent leur autobiographie. Mes toiles, finies ou non, sont les pages de mon journal, et en tant que telles, elles sont valables. L'avenir choisira les pages qu'il préfère. Ce n'est pas à moi de faire le choix. J'ai l'impression que le temps passe de plus en plus rapidement. Je suis comme un fleuve qui continue à couler, roulant avec lui les arbres déracinés par le courant, les chiens crevés, les déchets de toute sorte et les miasmes qui y prolifèrent. J'entraîne tout cela et je continue. C'est le mouvement de la peinture qui m'intéresse, l'effort dramatique d'une vision à l'autre, même si l'effort n'est pas poussé jusqu'au bout... J'ai de moins en moins de temps, et de plus en plus à dire. J'en suis arrivé au moment, voyez-vous, où le mouvement de ma pensée m'intéresse plus que ma pensée elle-même."

 

Etat second :

"Pendant que je travaille, je laisse mon corps à la porte, dans cet état, le corps existe de façon purement végétative."

 

Formes négatives :

"Si l'on s'occupe de ce qui est plein, c'est-à-dire de l'objet en tant que forme positive, l'espace tout autour se réduit à presque rien. Sommes-nous plus intéressés par ce qui se passe à l'intérieur ou à l'extérieur d'une forme ? Quand on regarde les pommes de Cézanne, on voit qu'il a peint merveilleusement le poids de l'espace sur cette forme circulaire. La forme elle-même est un volume creux, sur lequel la pression extérieure est telle qu'elle produit l'apparence d'une pomme, même si celle-ci n'existe pas vraiment. C'est la poussée rythmique de l'espace sur cette forme qui compte."

1007511-Paul_Cézanne_Pommes_et_orangesPommes et oranges - Paul Cézanne

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27 juin 2013

Picasso - Propos sur l'Art - 4

"Mes plus pures émotions, je les ai éprouvées dans une grande forêt d'Espagne, où, à seize ans, je m'étais retiré pour peindre."

"Mes plus grandes émotions artistiques, je les ai ressenties lorsque m'apparut soudain la sublime beauté des sculptures exécutées par les artistes anonymes de l'Afrique. Ces ouvrages d'un religieux, passionné et rigoureusement logique, sont ce que l'imagination humaine a produit de plus puissant et de plus beau."

Nok_sculpture_Louvre_70-1998-11-1Homme Nok

"Un artiste digne de ce nom doit donner aux objets qu'il veut représenter le plus de plasticité possible. Ainsi doit-on représenter une pomme : si l'on trace un cercle, on figurera le premier degré de plasticité du modèle. Il est possible cependant que l'artiste veuille amener son oeuvre à un degré de plasticité plus élevé et qu'alors l'objet à représenter finisse par figurer sous la forme d'un carré ou d'un cube qui ne seront nullement la négation du modèle."

Makonde_elephantElephant Makonde

"Pourquoi croyez vous que je date tout ce que je fais ? C'est qu'il ne suffit pas de connaître les oeuvres d'un artiste. Il faut aussi savoir quand il les faisait, pourquoi, comment, dans quelles circonstances."

A propos de l'art abstrait :

"Vous avez bien fait d'avoir photographié ça... Car cela montre bien la nature et les limites de l'art abstrait... Ces coups de pinceaux (grands coups de pinceaux donnés pour effacer des graffitis) sont très beaux... Mais c'est une beauté naturelle... Des traits de pinceaux qui n'ont aucune signification ne feront jamais un tableau. Moi aussi, je donne des coups de pinceaux et parfois on dirait même que c'est de l'abstrait... Mais ils signifient toujours quelque chose : un taureau, une arêne, la mer, la montagne, la foule... Pour arriver à l'abstraction, il faut toujours commencer par une réalité concrête..."

A propos de graffitis (visages gravés faits de deux ou de trois trous dans un mur) :

"De semblables visages, j'en ai fait souvent moi-même. Ceux qui les gravent vont d'emblée aux signes. L'art est le langage des signes. Quand je prononce "homme", j'évoque l'homme ; ce mot est devenu le signe de l'homme. Il ne le représente pas comme pourrait le faire la photographie. Deux trous, c'est le signe du visage, suffisant pour l'évoquer sans le représenter... Mais n'est-il pas étrange qu'on puisse le faire par des moyens aussi simples ? Deux trous, c'est bien abstrait si l'on songe à la complexité de l'homme... Ce qui est le plus abstrait est peut-être le comble de la réalité..."

"Regardez ces yeux... Ce sont tous des trous profonds creusés dans le mur. Or certains semblent être bombés, comme s'ils étaient en relief. D'où ça vient ? Ce n'est pas un effet d'optique ; nous voyons bien que ce sont des trous. Notre savoir influence notre vision."

1934 sculpture en plâtrePicasso - 1934

Spontanéité - Premier jet :

"Je ne veux pas gâter la première fraîcheur de mon oeuvre... S'il m'était possible, je la laisserais telle quelle, quitte à recommencer et l'amener à un état plus avancé sur une autre toile. Puis j'agirais de même avec celle-ci... Il n'y aurait jamais une toile "achevée", mais les différents "états" d'un même tableau qui disparaissent d'habitude au cours du travail... Achever, exécuter n'ont-ils pas, d'ailleurs, un double sens ? Terminer, finir, mais aussi mettre à mort, donner le coup de grâce ? Si je peins tant de toiles, c'est que je cherche la spontanéité et, ayant exprimé avec quelque bonheur une chose, je n'ai plus le courage d'y ajouter quoi que ce soit..."

"Matisse fait un dessin, puis il le recopie... Il le recopie cinq fois, dix fois, toujours en épurant son trait... Il est persuadé que le dernier, le plus dépouillé, est le meilleur, le plus pur, le définitif ; or, le plus souvent c'était le premier... En matière de dessin, rien n'est meilleur que le premier jet."

 

Réalisme - Photographie :

"Quand on voit ce que vous exprimez par la photo, on se rend compte de tout ce qui ne peut plus être le souci de la peinture... Pourquoi l'artiste s'obstinerait-il à rendre ce que à l'aide de l'objectif on peut fixer si bien ? Ce serait une folie, n'est-ce pas ? La photographie est venue à point nommé pour libérer la peinture de toute littérature, de l'anecdote et même du sujet. En tout cas, un certain aspect du sujet appartient désormais au domaine de la photographie... Les peintres ne devraient-ils pas profiter de leur liberté reconquise pour faire autre chose ?"

24 juin 2013

Picasso - le trait juste

1897-1899 L'artiste dessinant et études de mains

Tracer d'observation - trait maîtrisé, direct, concentré et exact.

1899 Femme nue cachant son visage

Trait affirmé, réduit à l'essentiel, pureté et simplicité des formes, représenter l'idée.

1900-1901 Homme assis à la canne et masque

Trait sensible et varié, trait expressif, qui s'adapte au sujet et devient le sujet.

1901 Etreinte

Trait qui réfléchit et qui cherche, qui inscrit le trajet de la pensée, qui cerne l'idée et la sensation et s'en approche au plus près possible.

1912-1913 Tête de femme

Trait qui s'amuse avec les formes, les lignes et les points. Et qui demeure expressif, malgré tout. Délivrer quelque chose de complexe - une personnalité - une expression - un sentiment - à partir de signes simples. Abstraire/réduire et tout en réduisant, développer. 

1917-1919 Autoportrait

Trait juste et vrai, réduit à l'essentiel

1918 Coq

Trait calligraphique, signe graphique. 

Ne pas représenter le réel, mais le "sur-réel". Au delà d'un coq, tous les coqs. Au delà de l'enveloppe extérieure des amoureux, l'étreinte, au delà du visage, l'âme.

"En peinture tout n'est que signe"

Je tiens à la ressemblance plus profonde, plus réelle que le réel, atteignant le sur-réel... à vrai dire, il ne s'agit que de signes. On est convenu que tel signe représente un arbre, tel autre, une maison, un homme, une femme : tout comme dans le langage, le mot "homme" évoque dans notre esprit l'image d'un homme, le mot "maison", une maison, et cela dans toutes les langues, bien que, dans chaque langue, le mot varie. c'est une convention établie, on communique par l'usage de ces signes."

"Rien n'est plus difficile qu'un trait. Personne ne sait combien il faut penser un trait."

28 mai 2013

Vincent Van Gogh - Dessins - 1890

Branch-with-Leaves

Cypresses-with-Four-People-Working-in-the-Field

Cypresses-with-Two-Women-in-the-Foreground

Dead-Leaf-and-Pod

Enclosed-Field-with-a-Sower-in-the-Rain

Interior-of-a-Farm-with-Figures-at-the-Fireside

Lady-with-Checked-Dress-and-Hat

Peasant-Digging

Snow-Covered-Cottages-with-Cypresses-and-Figures

Sun-over-Walled-Wheat-Field

Country-Road

1890 - C'est la dernière année. Je perçois ces dessins comme un regard jeté en arrière, sur des styles et des sujets anciens, comme des souvenirs revisités.

Ici s'achève mon étude de la correspondance et des dessins de Van Gogh. Si j'étais étudiante je ne le lâcherai pas de si tôt et je pourrais y consacrer une thèse. Il y a tant d'aspects que je n'ai pas approfondis. La dimension littéraire de sa correspondance et ses nombreuses références, la théorie de la couleur, l'emploi de la touche en tant que language, les caractéristiques psychologiques de sa personnalité et ses impacts sur son écriture graphique... il y a de quoi y consacrer une vie. Ce n'est pas souhaitable, on peut s'y engloutir complètement.

Je pense que je vais m'intéresser à cet autre personnage fascinant qu'est Picasso. Et comme je l'ai fait pour Van Gogh, faire connaissance avec lui à partir de ses oeuvres et de ses écrits.

Références :

http://www.vangoghgallery.com.

Vincent Van Gogh - Correspondance générale T1,2,3 Biblos Gallimard

(Il est préférable de lire les articles dans l'ordre chronologique - ils sont accessibles en cliquant sur les tags "dessins de Van Gogh" et "Van Gogh" ci-dessous).

8 mai 2013

Nuque

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Modelage - Argile chamottée blanche - Lissée, poncée et cire ivoire.

Voir article précédent "Sculpter la terre".

Je trouve l'épaule, le cou, la nuque des femmes d'une beauté et d'une grâce extrêmes. Cette sculpture est d'une grande douceur au toucher, lissée pendant 4 heures puis poncée après cuisson. J'ai une autre sculpture en préparation sur ce thème, il y en aura peut-être davantage.

Je mets du temps à réaliser mes sculptures en ce moment parce que je n'ai pas de vision quand je commence, j'ai juste une sensation et une idée de départ. Je cherche les courbes et les proportions tout en modelant. J'arrondis là, je creuse ici, je laisse venir, je prends mon temps, beaucoup de plaisir sensuel à toucher et lisser la terre, à la travailler à ses différents stades d'assèchement.

L'objet fini n'est que la trace de ce rapport physique à la matière. J'aime la terre. J'ai réfléchi à sculpter le bois ou la pierre tendre, mais le contact, les outils, les sensations, les sons seraient différents.

Mes modelages deviennent plus libres, j'attache peu d'importance au respect des proportions de toute façon. C'est presque plus quelque chose d'abstrait, ou disons que plusieurs choses se mélangent. Ce sont des associations d'idées nées du dialogue avec la terre. Ici il y a l'idée de la mère penchée sur l'enfant (voir Maternité de Picasso), et le mot mère appelle le mot mer d'où cette forme de vague et de déferlement dans la courbure du dos et l'enroulement des cheveux.  Maternité, tendresse de la posture, fragilité de la nuque offerte, sensualité de l'arrière de l'oreille, refuge offert par le creux de l'épaule sont autant de sensations et d'idées ressenties pendant l'acte de modeler.

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28 mai 2013

Vincent Van Gogh - Dessins - 1886/1887

Bust-of-a-Young-Warrior

Idol

Standing-Female-Nude-Seen-from-the-Back

Seated-Male-Nude-Seen-from-the-Back

Standing-Male-Nude-Seen-from-the-Front

Torso-of-Venus

Torso-of-Venus2

Torso-of-Venus3

Venus

De mars 1886 à février 1888 Vincent Van Gogh habite chez son frère Théo à Paris. Il expérimente le dessin de style académique et le dessin de plâtres (qu'il avait rejetté auparavant en Hollande). Il dessine de nombreuses versions du torse de Vénus à l'atelier Fernand Cormon, où il fait la connaissance de Toulouse Lautrec et Emile Bernard.

774px-Émile_Bernard_Apres_le_bain_les_nymphes_1908

(Emile Bernard - Après le bain les nymphes 1908)

22 mai 2013

Après la crise d'Arles - Vincent Van Gogh- février 1890

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"Je ne sais pas si tu comprendras que l'on puisse dire de la poésie rien qu'en bien arrangeant les couleurs, comme on peut dire des choses consolantes en musique."

 

"J'ai malheureusement un métier que je ne connais pas assez pour m'exprimer comme je le désirerais."

 

"J'ai toujours du remords et énormément, quand je pense à mon travail si peu en harmonie avec ce que j'aurais désiré faire."

 

"En écrivant cette lettre je me suis levé pour aller donner quelques coups de brosse à une toile en train - c'est précisemment celle avec les pins ravagés contre un ciel rouge, orange, jaune - hier c'était très frais - des tons purs et éclatants - eh bien en t'écrivant je ne sais quelles pensées me venaient et en regardant ma toile je me disais ce n'est pas ça. Alors j'ai pris une couleur qui paraît sur la palette du blanc mat et sale qu'on obtient en mélangeant du blanc, du vert et un peu de carmin. Ce ton vert je l'ai sabré sur tout le ciel et voilà qu'à distance cela attendrit les tons en les rompant et pourtant il semblerait que l'on gâte et salit sa toile. Le malheur et la maladie ne font-ils pas cela de nous et de notre santé, et ne valons-nous pas mieux tels que dans la fatalité le grand sort nous emporte, que sereins et bien portants selon nos propres idées et désirs vagues de bonheur possible. Je ne le sais. Quelques-uns de mes tableaux, lorsque je les compare à d'autres, portent bien la trace que c'est un malade qui les peint et je t'assure que je ne le fais pas exprès. Mais c'est malgré moi à des tons rompus qu'aboutissent mes calculs."

 

A propos d'un article élogieux sur son travail :

"J'ai trouvé l'article de M. Aurier, abstraction faite si je mérite ce qu'il dit de moi, en soi très artistique, très curieux. Mais c'est plutôt comme cela qu'il faudrait être, que la triste réalité de ce que je me sens... ces idées dont il parle ne sont pas à moi car en général les artistes impressionnistes sont tous ainsi, sous une même influence et tous nous sommes un peu névrosés. Cela nous rend très sensibles à la couleur et à son langage particulier, ses effets de complémentaires, de contrastes d'harmonie. Mais quand j'ai lu l'article j'en devenais presque triste, juste en pensant : faudrait être comme cela et je me sens si inférieur...

...me sentant devenu un enfant bien dégénéré. Songeant ainsi, mais bien lointain, me vient le désir de me refaire et de chercher à me faire excuser de ce que mes tableaux sont pourtant presque un cri d'angoisse, tout en symbolisant dans le rustique tournesol la gratitude."

Vincent Van Gogh - Saint Rémy février 1890

 

1 mai 2013

La cage

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Il peut arriver que l'envie de se taire soit si forte, et l'envie de partir si présente qu'on prend la voiture et qu'on roule pendant des heures, jusqu'à la fin du jour, en écoutant la radio, jusqu'au bout de la route, jusqu'à la mer. Qu'on sent mais qu'on ne voit pas, parce que la nuit est là. Et alors il n'y a plus qu'à rentrer, parce qu'ailleurs évidemment n'est pas ailleurs, c'est toujours ici et maintenant. On se dit qu'il s'en est fallu de peu pour ne pas rentrer, qu'il aurait suffit d'un hotel pas encore endormi pour rester là des jours, ou même pour toujours, et puis on revient, on ouvre la porte et on se couche en silence, et la maison qui attendait sans le dire entend votre retour et s'endort à son tour.

Demain on parlera à nouveau. Et heureusement peu après il y aura la Consolante. Celle qui sent tout et qui voit tout et ne dit rien. Et tout reprendra, mais tout sera différent. Parce qu'on sait qu'on a pu partir et qu'on a choisi de revenir. Et que l'ailleurs est à chercher ici. Et que c'est bien ainsi.

 

cage ouverte

Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger ...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

Jacques Prévert

13 mars 2013

Une oeuvre de James Tissot - Du dessin aux tableaux

N04295_10(Ramsgate - Encre sur papier - 1876)

ramsgate tissot( Ramsgate- pointe sèche - 1876)

a_passing_storm-large(A passing storm - Huile sur toile - 1876)

Room-Overlooking-The-Harbour-large(Room overlooking the harbour - huile sur toile- terminé en 1878)

J'ai déjà écrit un article sur James Tissot, mais j'ai trouvé de lui ce beau dessin de Ramsgate à l'encre et cela m'a amusée de mettre à la suite les peintures qui ont utilisé le décor de ce dessin.

5 mai 2013

Lettres anonymes (suite) - Chut... ne dites pas que je vous l'ai dit

Dans un article daté du mois de décembre dernier je parlais d'un collage en préparation. Les lettres, images et articles découpés dans des magazines parce qu'ils m'avaient "appelée" sont restés tout ce temps dans un coin du bureau, je savais que je voulais en faire quelque chose et puis ça ne venait pas. 

Il a fallu cinq mois et quand l'envie est venue, c'est tellement bizarre, tout s'est fait directement et sans réfléchir. Je me suis installée un grand coin libre, j'ai pris une feuille de papier d'emballage et j'ai fait le collage sans me poser aucune question, prenant chaque papier, le posant, le déplaçant selon l'association d'idée et le sens, l'harmonie des formes, leur équilibre, la cohérence de l'histoire à raconter.

Quand tout a été posé j'ai soulevé délicatement chaque papier pour le coller à celui du dessous, pour ne pas déranger le positionnement. Tout cela s'est fait sans hésitation, directement et rapidement.

2013 mai

Collage de papiers découpés dans des magazines sur papier d'emballage - tableau 60 x 80 cm

Tout a un sens et rien n'est dû au hasard, il y a des doubles, des triples sens, des sens cachés, des contre sens. Des fausses pistes et des petites choses cachées dans les coins, des grosses choses peu importantes qui sautent aux yeux et des secrets bien nichés.

Je suis étonnée du manque de réaction des deux personnes à qui je l'ai montré parce que tout ça me semble tellement évident, tout ce que ça raconte, mais visiblement ça ne l'est pas :D

J'ai la sensation que c'est parfaitement comme ça doit être, que c'est tout à fait "ça". Ce truc me procure la même impression que mon dessin "Un". Un apaisement, un grand bien être. L'apparence est secondaire, ça n'a pas à être joli, en fait, ça ne peut tout simplement pas être autrement. C'est un sentiment vraiment très spécial. Difficile à expliquer, c'est quelque chose de précieux et de complet et qu'on peut refermer, c'est comme un coffret empli de choses qui tiennent à coeur, comme "Un".

Voilà donc une bonne chose de faite. Sinon, je continue à m'intéresser aux mots. Je viens d'acheter plusieurs livres de poésie dont j'aimerais m'inspirer, pour quoi, je ne sais pas encore, on verra...

Ce collage est finalement un poème visuel, j'aimerais continuer dans cette voie.

18 mars 2013

Vincent Van Gogh - Dessins - année 1884

Une sélection personnelle des dessins de l'année 1884 et une peinture de nature morte. Pendant la même période, Vincent dessine beaucoup de tisserands et machines à tisser. Je leur préfère ces dessins à la plume de jardins et arbres en hiver.

Je m'intéresse plus particulièrement à la façon de tracer, à l'écriture et à son évolution. Et bien sûr la façon d'amener la lumière. J'aime beaucoup la nature morte.

Avenue-of-Poplars

Behind-the-Hedges

Ditch

Houses-with-Thatched-Roofs

Parsonage-Garden

pollard-birches-1884

the-kingfisher-1884

Vicarage-Garden,-The

wheat-harvest-1884

Winter-Garden

still-life-with-five-bottles-1884

14 mars 2013

John Everett Millais- Etudes et peintures - illustrations

J'ai déjà parlé de John Everett Millais, en montrant quelques tableaux. Cette fois j'y reviens au sujet du dessin - études préparatoires et illustrations. Les études sont des dessins au trait. Les illustrations possèdent un style complètement différent.

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elgiva-seized-byorder-of-odo-archbishop-of-canterbury

Ces deux premiers dessins de Millais sont intéressants à observer. Il y a seulement des contours, et c'est l'épaisseur des traits qui donne le relief.

Les deux suivants illustrent sa recherche de composition pour une oeuvre peinte.

N04792_10

N04623_10

Il a hésité sur la position des personnages et leur emplacement...

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sir-john-everett-millais-study-for-the-woodmans-daughter-121068

Ici le père, au départ curieux de ce que fait sa fille, a finalement été représenté en train de travailler. De l'idée à la réalisation finale, que s'est-il passé qui a motivé les changements ?

the-woodman-s-daughter

StudyIsabella

Là le personnage de gauche fait finalement porter son poids vers l'avant, ce qui fait basculer son siège, lui donne une posture moins figée et donne du mouvement à la scène.

lorenzo-and-isabella

Après les études préparatoires, voilà des illustrations, dessinées par Millais et gravées par les frères Dalziel. Il y a une telle différence de style entre les dessins préparatoires au trait et les illustrations qu'on dirait qu'ils sont l'oeuvre de deux artistes différents.

Quelle différence également entre les oeuvres en couleur et celles en noir et blanc ! Les peintures colorées sont bavardes, décoratives, le discours est noyé dans une sorte de brouhaha. Dans les illustrations en noir et blanc le message est direct et clairement audible, comme une voix dans le silence.

the good samaritan

the hidden treasure

the leaven

the lost piece of silver

the sower

J'aime particulièrement cette dernière image, pour le choix de cadrage audacieux et le coté graphique des éléments du sol, pierres et herbes. La précédente est magnifique pour la posture et l'éclairage, les cinq sont empreintes de force, et dans toutes, la composition et le choix du point de vue sont remarquables.

9 mars 2013

La famille Dalziel - Gravure sur bois et autres techniques de reproduction

photo

"La période victorienne a vu un changement significatif de l'illustration. L'alphabétisation, les moyens accrus de la classe moyenne, l'amélioration des techniques d'impression et des coûts moins élevés de production de livres a entraîné une croissance du marché des livres et des magazines. La plupart des ouvrages a été illustrée et l'illustration des années 1860 est entré dans son «âge d'or». Un nom est apparu sur presque tous les principaux livre illustré publiés en Grande-Bretagne de 1840 à 1890 - celui des frères Dalziel.

Originaire de Wooler, Northumberland, les Dalziels ont mis en place à Londres le plus grand et le plus influent cabinet de gravure sur bois. Plus qu'un simple graveur, ils étaient aussi dessinateurs, imprimeurs, éditeurs. Des entrepreneurs qui ont construit des relations avec les plus grands artistes de l'époque. La presse Camden, fondée en 1857, leur a permis de mettre en service et d'imprimer leurs propres livres.

Aujourd'hui, leur travail est représenté dans d'importantes collections du monde entier."

Source : npg.org.uk

N04129_10

spring flowers

Edward gurden dalziel (1849-1888)

the alarm

Thomas Dalziel

"Comme tous les graveurs sur bois de cette période, les Dalziels pratiquaient la gravure fac-similé dans la mesure du possible: quand un artiste avait fourni un dessin original avec des lignes noires et claires, les graveurs reproduisaient exactement ces lignes. Quand les artistes avaient introduit le ton, avec un crayon ou un pinceau au blanc de Chine, la tâche des graveurs était plus difficile, et ils ont développé différents types d'ombrage, qui ont leur propre style"

Source (voir l'article complet sur la famille) : http://www.oxforddnb.com/view/printable/75984

Voir l'article consacré à la gravure sur Wikipédia.

A la lithographie

A l'eau-forte

13 mars 2013

Vincent Van Gogh - Dessins - année 1883

Je continue lentement ma lecture de la correspondance de Vincent. Il préférait signer ses oeuvres de son seul prénom, car il ne se considérait pas comme un "Van Gogh". J'avance lentement parce que je consacre beaucoup de temps à regarder des dessins sur le net, ceux des artistes qu'il cite, et bien d'autres encore, rencontrés au hasard des promenades sur le net. J'écris un article quand j'arrive à trouver des reproductions de bonne qualité.

En 1883 Van Gogh continue à s'exercer principalement à dessiner des modèles vivants et croquer d'après nature. Il manque de moyens pour se consacrer à la couleur, et il teste différents moyens de reproduire ses dessins. C'est l'époque où il vit avec Christine (Sien) et ses enfants. Il continue à collectionner assidûment les gravures et les reproductions d'oeuvres d'art, s'intéresse au dessin car il caresse l'idée de pouvoir vivre un jour de l'illustration.

Head-of-a-Woman2

Old-Man-with-a-Top-Hat

plowman-with-two-women-1883

Sien,-Sewing,-Half-Figure

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Je considère ce dernier dessin, avec Sorrow, notamment, comme une de ses oeuvres les plus fortes.

Voir tous ces dessins a un double effet, celui de donner envie de prendre soi même un crayon, et celui d'y renoncer devant la qualité des oeuvres. En lisant les lettres de Van Gogh je cherche des réponses à certaines questions, j'en ai déjà trouvé certaines mais qui ne sont valables que pour lui.

La question principale est pourquoi s'exprimer au lieu de se taire.

19 février 2013

James Tissot (1806 - 1902) - Les peintres préférés de Vincent Van Gogh en janvier 1874

"Peintre et graveur français. Jacques-Joseph Tissot, dit James Tissot, étudie aux Beaux-Arts de Paris dans les ateliers d'Ingres, d'Hippolyte Flandrin et de Louis Lamothe. Il débute au Salon à partir de 1859. L’artiste est surtout connu en tant que collectionneur et amateur d’art extrême-oriental. Il est l’ami d’Edgar Degas, fréquente Édouard Manet et le peintre américain James McNeill Whistler. Après la guerre de 1870, il s’installe en Angleterre et y séjourne pendant onze années, il expose à la Royal Academy et travaille pour le magasine Vanity Fair sous le pseudonyme de Coïdé. Tissot est très populaire en Grande-Bretagne, notamment grâce à ses œuvres représentant la haute société de l'ère victorienne et à ses caricatures pour Vanity Fair. Après le décès de son épouse le peintre effectue plusieurs séjours en Palestine et réalise des aquarelles de sujets religieux."

Source : Internet Universdesarts.fr

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18 février 2013

Félix Ziem (1821 - 1911) - (Les peintres évoqués par Vincent Van Gogh)

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"Né à Beaune, en Côte d’Or, en 1821 d’un père arménien et d’une mère bourguignonne, Félix Ziem travaille chez l’architecte Lemaire entre 1834 et 1836. Premier prix au concours d’architecture-composition en 1838 à l’École des Beaux-Arts de Dijon, il en est exclu aussitôt pour manque de discipline. Félix quitte alors le domicile parental et se rend à Marseille pour surveiller les travaux de construction du canal. Aimant dessiner les vieilles demeures marseillaises et encouragé par ses premiers clients importants, Félix Ziem décide de vivre exclusivement de son art. En 1840, Ziem ouvre un atelier qui accueille des peintres comme Monticelli ou Auguste Aiguier. Félix Ziem séjourne à Martigues, Nice où il fréquente la haute aristocratie européenne à qui il enseigne le dessin.

En 1842, Félix Ziem part à pieds pour Rome, échangeant de la nourriture contre des croquis, puis il découvre Venise. Une “révélation”, comme Félix Ziem le dira lui-même. Cette ville deviendra sa deuxième patrie, puisqu’il s’y rendra régulièrement, et souvent plusieurs mois par an, entre 1845 et 1892. 

Ziem est un artiste qui se place dans une époque charnière de la pratique picturale du XIXème siècle. Le travail sur le motif est essentiel, comme l’en attestent les nombreux carnets de dessins, de même que les pochades sur bois ou sur carton, bien que le tableau final relève surtout de l’atelier. C’est ainsi qu’en 1847, il vit à Venise dans un atelier installé sur un “topo”, bateau à fond plat, puis plus tard dans un “traghetto” qu’il aménage en atelier-habitation.

Toute sa vie Félix Ziem ne cessera de voyager. Constantinople, Beyrouth, Le Caire, Alger, mais aussi la Russie, la Hollande, La Belgique ou l’Angleterre seront de ses voyages. Félix Ziem fait également de fréquents séjours à Barbizon, où il s’installe dans une roulotte de forain, toujours dans le but de mieux peindre sur le motif. Il y cotoie alors les paysagistes les plus célèbres de son temps, tels Millet, Rousseau, Diaz ou Daumier.

Les années 1860 marquent une production féconde, de nombreuses expositions (Paris, Londres Exposition Universelle de 1861, ...) et un ralentissement de ses pérégrinations qui se limitent désormais à Paris, Venise, Martigues, Nice et Barbizon. En 1870, il est membre du jury de Salon, où il exposait régulièrement depuis 1849, y obtenant une médaille de troisième classe en 1851, et une de première classe en 1852 et 1855. En 1857, il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur, officier en 1878 et enfin commandeur en 1908.

De 1880 à 1900, sa vie est rythmée par une activité toujours aussi fébrile, une clientèle importante, ses escapades vénitiennes et ses allers-retours entre ses différents ateliers de Marseille, Martigues, Nice et Paris. En 1905, il lègue au Musée du Petit-Palais plus de cinquante tableaux, de nombreuses études, carnets de croquis et aquarelles. En 1910, le Musée Ziem est inauguré à Martigues. Il est aussi en cette même année le premier artiste vivant à entrer au Musée du Louvre à l’occasion du legs Chauchard. En novembre 1911, il meurt à Paris, après avoir passé l’été à Barbizon.

La technique de Félix Ziem est très variée, et notamment dans le choix des supports. En effet, il a même utilisé le marbre, avec toutefois une prédilection pour les panneaux d’acajou, le jeu des glacis et des “réserves” sur le bois lui permettant une couleur supplémentaire et une accentuation de la perspective. Les huiles sur papier, traitées comme des aquarelles, c’est-à-dire sans reprises, mais de manière plus prononcée et plus colorée, sont cependant plus légères que des gouaches, technique qui ne l’a apparemment jamais intéressé. Si, au fil des années l’architecture du tableau est moins apparente et moins dessinée, elle perdure néanmoins. Il mélange les techniques : glacis, peinture au couteau, touches juxtaposées. Son style évoluera sans cesse avec le temps. Mais Ziem est surtout l’un des derniers peintre-artisan, utilisant des pigments naturels pour fabriquer lui même ses couleurs, en particulier le lapis-lazuli pour les bleus.

Une grande partie de sa vie a été tournée vers la recherche du soleil, et, pour un artiste, c’est la lumière du soleil qui génère les couleurs. Dans des lieux comme Venise, Constantinople ou le sud de la France, les couleurs se trouvent ainsi redéfinies. Les jaunes s’habillent d’or, les oranges de cuivre, les rouges deviennent rubis, les bleus sont cobalt, les verts se parent de citron et le blanc n’est plus que lumière. Tels sont les termes que l’on peut employer pour décrire la palette de Ziem. Ses couleurs vibrent dans une compréhension totale des effets de lumière, préfigurant le travail des impressionnistes près de 30 ans avant. D’ailleurs, Vincent Van Gogh l’enviait pour ses bleus en disant : “Je voudrais pouvoir faire des bleus comme Ziem qui ne bougent pas tant que les autres”. 

Théophile Gautier, qui compara la peinture de Ziem à celle de Turner a donné cette définition de son talent : “ Chaque artiste a une patrie idéale souvent éloignée de son vrai pays... La patrie de Ziem est Venise. C’est là que sa peinture a son domicile légal. Avec une goutte d’eau où se dissout une parcelle de couleur, il bâtit en quelques coups de pinceau une maison au crépis vermeil. Mais ce qu’il exprime mieux encore, c’est l’eau verte de la lagune, brisée en mille écailles de lumière et reflétant le caprice du ciel à travers le sillage et les remous des gondoles qui dérangent les silhouettes répercutées des palais”. 

Connu comme le peintre de Venise, Ziem a également au cours de ses nombreux voyages peint des scènes plus exotiques, des vues de la Tour Eiffel, mais aussi des portraits, des scènes de genre, des natures mortes... Nul ne sembla plus apte que lui à cette époque pour peindre Venise et Istanbul, et comprendre leurs mystères."

 (source : internet, galerie Ary jan)

 

Exposition au petit palais du 14 02 2013 au 4 aout 2013


Voir ses oeuvres :
Association Félix Ziem

12 février 2013

Trouve les choses belles

Vincent Van Gogh - Lettre à Théo Janvier 1874

"Trouve les choses belles, aussi souvent que tu peux. La plupart des gens ne trouvent pas les choses assez belles. Continue à te promener beaucoup, à aimer beaucoup la nature, car c'est la vraie façon d'apprendre à comprendre l'art de mieux en mieux. Les peintres, eux, comprennent la nature ; ils l'aiment et ils nous apprennent à voir."

Lettre à Théo 31 05 1875

"Les ruysdaël du Louvre sont magnifiques surtout "le buisson", l"estacade" et le "coup" de soleil"."

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Lettre à Théo - janvier 1876

"Il y a deux magnifiques tableaux de Cabat au Luxembourg, l'un qui représente un étang entouré d'arbres, l'automne, au coucher du soleil, l'autre, le soir d'un jour d'automne, un chemin le long d'un cours d'eau et quelques grands chênes"

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Lettre à Théo - 28 03 1876

"J'ai vu une très grande toile de Jules Dupré. Aussi loin que porte la vue, un terrain noir, marécageux, au deuxième plan, une rivière, et à l'avant plan une grande mare près de laquelle on voit trois chevaux. L'une et l'autre reflètent un blanc de nuages blancs et gris, derrière lesquels le soleil est déjà couché ; un horizon gris rougeâtre et pourpre ;  le haut du ciel d'un bleu pâle."

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Lettre à Théo - 31 05 1876

"T'ai-je déjà parlé de cette tempête à laquelle j'ai assisté récemment ? La mer était d'un jaune d'ocre, surtout le long de la plage, et l'horizon était traversé d'une bande de lumière. Par là-dessus, les nuages roulaient, énormes, redoutables, d'un gris sombre ; la pluie en tombait en rayons obliques. Le vent envoyait dans la mer la poussière du sentier qui court sur les rochers, secouait les buissons d'aubépines en fleur et de mûriers sauvages qui poussent là. A droite, c'étaient les champs de jeune blé vert et, tout au loin, la ville, qui avec ses tours ses moulins, ses toits d'ardoise, ses maisons de style gothique, son port entre les deux jetées ressemblait à ces villes qu'Albert Durer a si bien gravées à l'eau forte.

J'ai aussi regardé la mer pendant la nuit de ce dernier dimanche. Tout était sombre et bouché, mais à l'horizon, le jour commençait à poindre. Bien qu'il fut très tôt, déjà l'alouette chantait, et les rossignols, dans les jardns au bord de la mer. Au loin, les feux du phare, du stationnaire, etc...

Au cours de cette même nuit, j'ai regardé par la fenêtre de ma chambre les toits des maisons que l'on voit de là et les cimes des ormes, noirs sous le ciel nocturne. Par dessus les toits, une seule étoile, mais grande, amicale."

 

4 février 2013

Vincent Van Gogh (suite) - La folie

"A aucun moment on n'est donc en droit de dire que Vincent Van Gogh était fou. De toute façon, il convient surtout de souligner cet axiome du Dr Vinchon : "La folie n'a jamais engendré le génie" - même si elle permet des manifestations expressives plastiques. L'inverse est plus plausible et le même auteur souligne "qu'une activité intellectuelle, interne et contenue, au service d'une passion qui la pousse sans cesse à créer use les âmes d'une trempe trop tendre, réveille les tendances morbides anciennes jusque là maintenues latentes, exagère la faculté de s'émouvoir, provoque parfois une psychose d'épuisement"... Le génie qui invente ses formes, son expression, est peut-être capable aussi d'inventer ses maladies." (Leprohon)

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19 février 2013

Eugène Boudin (1824 - 1898) - (Les peintres préférés de Vincent Van Gogh en janvier 1874)

"Eugène Boudin était un peintre marin, expert en matière de rendu de tout ce qui est lié à la mer et à ses rivages. Il peignit notamment de nombreux tableaux décrivant la vie des pêcheurs sur les ports et les marchés ; ainsi que celle des familles bourgeoises du XIX8 siecle sur les plages de Normandie.

L'importance du ciel et des effets atmosphériques dans ses peintures lui valut d'être surnommé le « roi des ciels » par le peintre français Camille Corot. Il attachait en effet une grande importance au soleil, aux nuages, au ciel et à leurs effets changeants sur le paysage en mouvement.

Au cours de sa vie, il aura peint près de 4 500 tableaux et laissé autant de dessins, pastels et aquarelles. C'est le musée des Beaux-Arts André Malraux du Havre qui possède la plus grande collection de tableaux de Boudin, avec 224 peintures dont de nombreuses esquisses et études, toutes exposées. Une grande partie provient du « leg Boudin », comportant 60 toiles et 180 panneaux, reliquat de la vente aux enchères, le 21 mars 1899, des oeuvres retrouvées dans son atelier à sa mort3."

Source : internet - Wikipédia

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13 août 2012

Un tout petit livre de Franz Masereel : Le livre d'heures

J'ai fait la rencontre de ce petit livre cette semaine. Il est comparable à cet autre du même auteur, dont on parle très bien ici : http://latelierdemelusine.hautetfort.com/tag/frans%20masereel

Je ne connaissais pas Franz Masereel. Je me reconnais dans ses dessins en aplats noirs et blancs. Le "livre d'heures" raconte une histoire sans paroles. Des moments de vie.

J'aimerais copier quelques uns de ceux ci, pour voir comment ils sont faits car leur grande simplicité cache évidemment un énorme savoir faire. Un dessin très simple et très expressif est à mes yeux plus difficile à réaliser qu'une peinture hyperréaliste.

J'ai cherché une image pour illustrer cet article. C'est difficile de choisir. Je trouve que tous les dessins de Franz Masereel sont beaux.

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J'ai finalement choisie celle-ci, que j'appelerai d'un titre de circonstances : "A nouveau seul".

12 août 2012

7 milliards d'autres

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7 milliards d'autres est un projet de la fondation GoodPlanet, à l'initiative de Yann Arthus-Bertrand. Je viens d'acheter le livre tiré de ce projet. Si j'en parle c'est parce que je veux garder ceci en mémoire comme quelque chose qui m'a touché comme une oeuvre d'art.

Voici un extrait tiré de la préface qu'il a donné à cet ouvrage :

"Les 20 années passées à photographier la planète pour réaliser la terre vue du ciel m'ont transformé. J'essaie maintenant de sensibiliser le plus de monde possible aux questions environnementales et à un mode de développement plus durable. C'est la raison pour laquelle j'ai créé la fondation GoodPlanet.

J'ai alors lancé le projet "6 milliards d'autres" qui vient compléter avec la parole de l'Homme le travail initié autour d'une réflexion sur la Terre. Il me semblait important de faire s'exprimer les hommes et les femmes de notre planète, écouter leurs expériences et leur philosophie de vie, leur vision du monde.

L'idée : aller à la rencontre des Autres, leur poser à tous les mêmes questions simples sur leur vécu et le sens de la vie - des questions qui nous concernent tous - recueillir leurs témoignages, découvrir comment les expériences façonnent l'identité de chacun. Entendre ce qui nous sépare, ce que nous pouvons partager.

Nous venons de franchir un nouveau cap, fin 2011 nous sommes passés à 7 milliards d'êtres humains sur Terre et "6 milliards d'autres" est devenu "7 milliards d'autres". Lorsque je suis venu au monde, la Terre portait à peine plus de 2 milliards d'habitants. En l'espace d'une vie, la population mondiale aura été multipliée par trois.

D'une façon très modeste, "7 milliards d'autres" essaie d'oeuvrer pour que nous arrivions tous à vivre ensemble sans creuser davantage les écarts de développement. en partageant ces expériences et en nous faisant souvent réaliser que l'Autre, c'est aussi souvent beaucoup nous."

Il existe un site internet où des témoignages vidéos sont consultables et où nous pourront bientôt, nous aussi, laisser nos réponses aux questions posées à l'ensemble des témoins interviewés à travers le monde. Il s'appelle http://www.7billionothers.org/fr

Voici la liste des 45 questions posées :

1- Présentez vous en donnant votre nom, votre âge, votre profession, votre situation familiale et votre nationalité
2- Quel est votre métier ? L'aimez vous ?
3- Que représente la famille pour vous ?
4- Qu'avez vous envie de transmettre à vos enfants ?
5- En quoi être éduqué et savoir lire est important ?
6- Qu'avez vous appris de vos parents ?
7- Vos conditions de vie sont elles meilleures que celles de vos parents ?
8- Qu'est ce qu'il est difficile de dire à ses enfants ? A sa famille ?
9- Quelle est votre plus grande joie ?
10- Quelle est votre plus grande peur ?
11- Qu'est ce qui vous met le plus en colère ?
12- De quoi rêviez vous quand vous étiez enfant ?
13- Quel est votre plus grand rêve aujourd'hui ?
14- A quoi avez vous renoncé ?
15- Etes vous heureux ? Qu'est ce que le bonheur pour vous ?
16- Qu'aimeriez vous changer à votre vie ?
17- Qu'est ce que l'amour pour vous ? Pensez vous donner et recevoir assez d'amour ?
18 - Quel a été votre dernier fou rire ?
19- Quelle fut la dernière fois où vous avez pleuré ?
20- Quelle fut l'épreuve la plus difficile à laquelle vous avez dû faire face dans votre vie ? Qu'en avez vous appris ?
21- Avez vous des ennemis ?
22- Pour quelle raison seriez vous prêt à tuer quelqu'un ?
23- Pour quelle raison seriez vous prêt à donner votre vie ?
24- Pardonnez vous facilement ? Qu'est ce que vous ne pourriez pas pardonner ?
25- Vous sentez vous libre ? Dans votre vie de tous les jours, de quoi ne pourriez vous pas vous passer ?
26- Qu'avez vous vu changer dans votre pays ?
27- Aimez vous votre pays ? Avez vous déjà eu envie de quitter votre pays ?
28- Qu'est ce que la nature représente pour vous ?
29- Avez vous vu la nature changer depuis votre enfance ? Et que faites vous pour la préserver ?
30- Votre vie est elle affectée par des changements climatiques ?
31- Que représente l'argent pour vous ?
32- Qu'est ce que le projet pour vous et qu'en attendez vous ?
33- Pensez vous que les hommes sont égaux ? Est ce que le monde est juste ?
34- Est ce que la vie des hommes et la vie des femmes est la même selon vous ?
35- Quel est le plus grand ennemi de l'homme ?
36- Quel est le meilleur ami de l'homme ?
37- Pourquoi les hommes se font-ils la guerre ? Que peut-on faire pour qu'il y ait moins de guerres ?
38- Rendez vous des comptes à un Dieu dans votre vie de tous les jours ?
39- Que croyez vous qu'il y ait après la mort ?
40- Connaissez vous une prière ? Pouvez vous la dire ?
41- Quel est le sens de la vie selon vous ?
42- Qu'aimeriez vous dire ou poser comme questions aux gens qui vont vous regarder ?
43- Quelle est votre chanson préférée ? Chantez la...
44- Que pensez vous de cette interview, de cet échange ? Quel est son but selon vous ?
45- Souhaitez vous ajouter quelque chose pour finir ?

Et moi, quelles réponses ferais-je à ces questions aujourd'hui ?

J'ai lu le livre, c'est un recueil parcellaire d'interviews recueillies à travers le monde. La lecture de leur accumulation fini par anesthésier l'émotion qu'on peut ressentir, par contre les vidéos des interviews visibles sur le site sont très touchantes. On finit par ressentir autre chose que de la compassion, c'est quelque chose qui nous interroge. Tous ces êtres humains si semblables reliés comme par un fil immense, ne formant qu'un fil immense. Sans début ni fin.

J'aimerais traduire cela par un dessin.
J'ai commencé à y penser.

17 septembre 2012

Trio

TRIO

Modelage argile cuite - 20 cm - finition peinture acrylique et cire - d'imagination

Reprise des cours de modelage. J'avais fait cette petite statue avant les vacances. Notre prof l'a fait cuire cet été, aussi j'ai pu apporter les dernières finitions. Aspect marbré obtenu avec trois couleurs de peinture acrylique. Fond bleu nuit, des coulures bleu électrique et vert. Ciré et lustré. C'est un couple enlacé avec enfant. Forme stylisée en spirale triple.

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Encore une spirale... il faut croire que cette forme me trottait dans la tête déjà avant la lecture de "7 milliards"...

19 juin 2012

Motif 4

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Feutre sur bristol - 10 x 15 cm

Je me suis sentie un peu plus libre pour le dessin d'hier soir. Intimé le silence dont j'ai tracé les lettres.

"L'arrangement" du jour est tout simple. Un simple collage en taille plus réduite et déformée. Les possibilités offertes par les outils informatiques sont immenses pour créer des compositions graphiques. Même un petit logiciel comme celui je j'utilise (photofiltre) offre de nombreuses possibilités.

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Voici l'assemblage des quatres motifs dessinés ces derniers jours (on peut cliquer pour agrandir) :

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J'ai unifié l'ensemble par un effet de contour.

J'aime beaucoup le coté graphique du noir et blanc. Le feutre noir me donnerait la possibilité de faire du gris en faisant des hachures, mais je remarque que je reste dans cette série, à l'opposition pure du noir et du blanc et aux aplats. On dirait des cartes à jouer.

Du coup cela me donne envie de faire des dessins en noir et blanc mais en cherchant la lumière. Fusain probablement.

Mais je rêve aussi de travail en couleur, et en plus grand format. Toujours dans l'abstraction qui décidemment m'inspire bien davantage en ce moment que le figuratif.

16 juin 2012

Motif 1

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"Motif 1" - dessin automatique - feutre Unipin sur bristol blanc - 10 x 15 cm

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"Arrangement 1" - collage numérique

Acheté hier un paquet de 100 fiches bristol blanches de 10x15 cm et trois feutres noirs Unipin 0.8 0.5 et 0.1 pour des dessins automatiques de même format dont je souhaite faire un ensemble.

Par "dessin automatique" j'entends dessin que ma main trace sans idée préalable. Les motifs obtenus peuvent être dupliqués, réorientés, "symétrisés" et assemblés en arrangements à l'infini. Les êtres humains font ça depuis la nuit des temps. Décorer fait semble-t-il partie de leur nature intrinsèque. Quand ils n'ont pas de vêtements ou de maison à décorer ils se décorent eux-même. Avec des plumes, avec de la terre, en se faisant des trous dans la peau... Ils crèent des motifs qu'ils répètent et la beauté vient de cette répétition. 

Ces décors me fascinent. Je pense avoir l'occasion d'en reparler.

30 juin 2012

Motif 4 et 3 b

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 Motif 4 - feutre sur bristol 10 x 15 cm

Je n'avais absolument aucune idée de départ en commençant ce 4ème motif. La tête vide, la page blanche. Quand j'ai un principe de départ comme "des enchevêtrements de lignes", je dessine lentement, cela se construit petit à petit. Là c'était le vide total. J'ai tracé les points de départ qui sont la continuité des lignes de la fiche précédente. Et j'ai attendu.

"C'est" venu sous la forme d'un geste extrêmement rapide, traçant une ligne d'un seul coup. Les remplissages sont venus après, plus lents et plus réfléchis. Le noir fait ressortir le negatif de la forme tracée en une seule fois. Comme si le vide se créait en dessous.

J'ai repris la fiche n°3 pour compléter les manques que j'y ressentais.

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Pour qu'elle prenne sa place à coté de la quatrième de se fonde avec elle. Les dessins successifs se répondent et se modifient les uns les autres pour créer un ensemble cohérent.

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J'ai l'impression de travailler en volume quand je fais des remplissages. Paradoxalement "remplir" a pour effet de... creuser ! Comme si les motifs blancs étaient du plein et les motifs noirs du vide.

Je me lis dans les dessins comme dans un livre ouvert. J'y reconnais des sujets de préoccupation. Bizarrement cela ne m'inquiète pas beaucoup de me livrer ainsi. Avant je considérais comme un frein ce risque de se montrer à coeur ouvert. Mais finalement je me dis que c'est un langage codé et que le spectateur ne me verra pas moi, mais verra ce qu'il veut voir. Son inconscient lui donnera à lire un sens qui le reflète lui et pas moi. Chacun donnant son interprétation du dessin à sa manière.

Lecture humoristique pour untel, fantasmagorique pour tel autre, à chacun son histoire.

Ce qui prime c'est le sens. Si je n'arrive pas à dessiner à partir d'un sujet réel en ce moment c'est parce que je n'y vois aucun sens. Où plutôt parce que je n'arrive pas à me projeter sur quelque chose d'existant. Paysage, personnage ou objet.

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