Peinture au couteau -2
Deuxième séance du stage.
La dernière fois nous avions commencé le ciel et l'avons arrêté avant d'arriver à la ligne de crête. Le prof voulait nous montrer comment il a l'habitude de la faire. Il utilise les mêmes nuances que pour le ciel, auquel il ajoute une couleur (au choix) : vert, brun, ocre... lègèrement plus foncée que le ciel. Celui-ci est en général plus clair au voisinage de l'horizon.
Il prend le parti pris d'aller du plus clair et plus fondu (à l'arrière plan) vers le plus détaillé et couleurs les plus franches (en premier plan). Ce qui accentue l'effet de perspective.
J'ai pu observer dans ma documentation que cette règle ne se vérifie pas systématiquement dans la réalité. Parfois oui :
Mais parfois non :
La taille décroissante des éléments suffit dans ce cas à donner l'impression de perspective.
Nous reprenons le ciel. J'ajoute quelques touches de blanc, et du gris du coté droit. C'est le ciel qui détermine toute l'ambiance du tableau. Même s'il n'occupe comme ici qu'un tiers du tableau.
Quelques conseils : souligner la base de la ligne de crête par endroits, du tranchant de la lame en la plaçant horizontalement. Laisser l'arrière plan dans le flou pour que l'attention se concentre sur le sujet principal du tableau : le chemin et l'arbre en premier plan. S'arranger pour que les éléments les plus foncés tranchent sur des éléments clairs. Eviter la symétrie (nous avions parlé du nombre d'or, de la règle des tiers, lors de la séance précédente). Animer le ciel en le faisant par exemple plus foncé d'un coté que de l'autre.
Le prof peint à la manière impressionniste. Il suggère et l'oeil du spectateur reconstitue les informations manquantes en puisant dans sa mémoire des paysages. De la même manière, le peintre pour créer un paysage sans modèle puise dans ses connaissances et sa mémoire.
Première difficulté. Concevoir le paysage. J'ai oublié le modèle noir et blanc et je décide de ne pas me servir de ma documentation. Il faut bien que j'essaye d'imaginer, c'est l'occasion. De toute façon cette toile est un laboratoire. Le souci c'est que le peintre débutant que je suis a une mémoire de spectateur mais pas de peintre... Notre prof peint des paysages sur le motif depuis plus de 20 ans. Son expérience lui permet de réaliser un paysage directement, plan par plan, avec une simple esquisse préalable et sans étude des valeurs. L'équilbre de la composition se conçoit mentalement quand il travaille d'imagination. Il y a tout un travail qui nous est invisible et qu'il effectue de manière inconsciente.
Ce n'est évidemment pas mon cas. J'ai beau essayer, je ne me leurre pas, je peins un grand n'importe quoi ! Mais c'est un grand plaisir de ne pas copier, de retrouver un peu de la liberté qu'ont les enfants quand ils font un dessin. Un semblant de liberté, parce qu'on essaie de se conformer aux "règles".
Deuxième difficulté. la perspective, donc. Par la taille des éléments et par leur couleur. Obtenir les bonnes nuances par le mélange... pas simple. Je le fais au pifomètre et j'utilise trop de couleurs. Un vert qui sort du tube et un autre que j'obtiens pas mélange de bleu et de jaune. Je "peintouille". Je fais des essais. Comment on fonce un vert ? J'essaie avec un brun, non ça fait du caca d'oie, avec le bleu c'est mieux. Pour de l'art brut c'est de l'art brut. La seule connaissance des couleurs que j'ai m'est fournie par mes yeux et ce qu'ils analysent.
Troisième difficulté. Pose de la couleur sur la toile. Acquérir les gestes. Varier les touches. Le couteau demande à être maitrisé. J'aime beaucoup cet outil. Je m'amuse à varier la façon de traiter tel ou tel élément. Le ciel par des gestes et un couteau ronds, les prés par des aplats "tirés", la végétation par des petites touches. La matière est très belle, les couleurs rendues brillantes par l'huile polymérisée.
Le temps passe très rapidement, on est absorbé par la toile et on a du mal à arrêter. C'est un des premiers tableaux que je quitte à regret et que j'ai hâte de retrouver (comme le modelage).
Nous nous arrêtons à la frontière du premier plan. Dans l'ovale il va y avoir un arbre. J'ai peint l'arrière plan de cet arbre, qu'on apercevra à travers les branches. Je n'ai aucune idée de la manière dont on peint un arbre, on verra la prochaine fois :-)
En conclusion : une technique très agréable. Qui me donne envie de peindre, envie de regarder des paysages, envie de retrouver un plaisir enfantin, patouiller, jouer avec les couleurs, essayer. L'avantage c'est qu'il suffit de racler ce qui nous déplait et recommencer.
Cours sur le portrait (suite)
Notre prof a donné en exemple 6 peintres pour illustrer deux façons d'aborder le portrait.
"Deux options principales s’offrent à vous: le traitement par le clair-obscur, avec des camaïeux de terres, (Goya, Caravage, Rembrandt)
ou un traitement de la lumière par la couleur (Delacroix, Vuillard, Bonnard)"
J'ajouterai quant à moi Derain et Matisse :
Peinture au couteau - 1
PREMIERE SEANCE :
1) Préparation du support : Toile de coton 12F. Peinture acrylique jaune. Notre prof n'utilise pas de gesso.
2) Préparation des couleurs : la peinture à l'huile est versée dans des pots en plastique (boites de pellicules photo récupérées). On ajoute de l'huile de lin polymérisée (standolie) progressivement jusqu'à obtenir une consistance fluide mais pas trop (la peinture forme un ruban épais qui coule à peine du couteau à palette). Il vaut mieux porter des gants en latex. L'opération peut se révéler salissante...
Notre prof peint la plupart du temps en extérieur. Ce système lui permet d'avoir devant lui sur la palette (planche de stratifié de 60x30) tout un "clavier" de couleur, entre 20 et 25 petits pots ouverts dans lesquels il pioche. Il les classe toujours de la même façon, de la plus foncée à gauche à la plus claire à droite.
Pour le stage nous préparons une dizaine de couleurs.
3) Dessin au fusain sur la toile d'un paysage de campagne valonné à partir d'une photocopie en noir et blanc. Notre prof nous suggère de prendre ce modèle uniquement comme un point de départ dont la composition doit être améliorée "nous ne sommes pas des photocopieuses mais des peintres" :-)
4) Fixer le dessin avec de la peinture acrylique, avec un pinceau fin. Essuyer le fusain avec un essui-tout quand la peinture est sèche.
5) Pose des couleurs, notre prof commence toujours par le ciel. De la droite du tableau vers la gauche c'est son habitude. Il utilise le grand couteau pour le ciel. Il le tient très près de la lame, très à plat, petites touches en piochant sur les couleurs qu'il a prélevées dans les petits pots et posées sur sa palette. Le mélange se fait sur la palette et aussi sur la toile.
Nous devons faire le ciel mais pas jusqu'à la ligne d'horizon, ce sera pour la prochaine fois. Chacun utilise les couleurs de son choix. J'ai pris trois couleurs : bleu noir et blanc, tout bêtement. Je sais qu'il faut éviter d'utiliser du noir tout fait mais comme j'en ai autant le prendre cela me fait gagner du temps. Le jaune de la toile apparaît par endroit et donne de la lumière, on comprend l'utilité de ce fond.
(clic pour voir de près)
Je pense mettre en deuxième plan une rivière qui n'est pas sur la photo fournie.
Difficultés/points à améliorer :
- j'ai du mal à dessiner un paysage d'imagination, la perspective de ma végétation s'en ressent.
- je travaille trop vite et fixe avant d'être complètement contente de mon esquisse ce qui m'obligera à rectifier en peignant.
- j'ai du mal à me représenter la forme des nuages et à leur donner forme. Problème pour dessiner d'imagination, encore. Idem pour positionner les couleurs. Mon ciel est trop uniforme, manque de relief et de contraste.
- il y a un coup de main à prendre. Je ne mets pas la lame suffisamment à plat, je travaille par trop grandes touches, je fais des traits involontaires. Ma toile est insuffisamment tendue.
Le geste vient et s'améliore progressivement, j'y arrive mieux avec un couteau à lame plus petite et arrondie. La peinture étant fluide, une couche fine suffit, petites touches et couteau tenu à plat, près de la lame. Couleurs foncées dessous, claires dessus. Support bien tendu. Avoir sa palette sous la toile, reprendre frequemment de la couleur en nuançant les touches, essuyer le couteau au besoin au papier essui-tout que l'on tient dans la main gauche.
C'est une technique propre. Une fois la séance terminée on peut remettre les couleurs encore pures qui sont sur la palette dans les pots. Il n'y a pas de pinceau à nettoyer, des lingettes pour bébé suffisent pour essuyer la planche de stratifié et les couteaux. Les mains sont propres (gants de latex). Pas d'odeur d'essence de térébenthine. On travaille dans le frais plan par plan. Beaucoup d'avantages ! Je ne vois pas les inconvénients. Je pense qu'une fois le coup de main pris on peut arriver à faire des choses très fines. Cette technique est très adaptée à la peinture de paysages sur le motif. Il suffit d'avoir un chevalet de campagne avec tiroir qui permet de poser palette et couleurs. Vite installé, vite nettoyé, vite rangé. Juste faire attention à transporter la toile peinte à plat car la peinture est fluide et risque de couler si on en a mis épais (je n'ai pas ce souci avec le ciel, ma toile est debout et ne coule pas).
Prochaines séances : j'ai fait une recherche documentaire qui devrait servir de béquille à mon imagination et manque de connaissances pour tout ce qui est perspective des couleurs.
J'ai pris quelques paysages d'automne pour utiliser des roux. Mon tableau risque de ressembler à un plat d'épinard si je me cantonne au vert. Des paysages avec plan d'eau également.

Portrait
Cours de peinture à l'huile - Exercice imposé : portrait selon modèle noir et blanc
Michel Houssin - Grosse tête mai 1987
Mine de plomb sur papier, 150 x 120 cm
J'ai choisi le premier. Je n'ai pas les références de ces portraits, il faut que je les retrouve.
Voilà ce que j'ai fait pendant la séance (l'objectif n'était pas de faire une copie exacte mais de se servir du modèle comme exemple, la ressemblance n'était pas recherchée).
J'ai placé quelques repères au fusain (les tâches les plus foncées), ensuite j'ai travaillé directement. Certaines zones du tableau sont encore très humides, elles apparaissent noires pour l'instant. En fin de séance le prof a apporté quelques nuances à mon tableau : une tâche plus foncée dans chaque oeil, foncer un peu à gauche. Conseil : ne pas trop assombrir le dessous le visage pour que le regard attire l'attention.
Ce sujet correspond davantage à ce que j'aime faire que le précédent (NM aux instruments). Je ne recherche pas le réalisme, plutôt simplifier/exagérer/suggérer. Portrait, plutôt que nature morte. Tableau fait en une seule séance, plutôt qu'en plusieurs.
Premier modelage cuit
Reprise des cours de modelage. Notre prof a fait cuire nos pièces terminées pendant les vacances. Le four monte à une température de 1000°, ce qui fait une cuisson très longue, le temps que le four monte en température et se refroidisse. La terre que nous utilisons est chamottée. Plus dure et plus résistante à la cuisson que la terre qu'on utilise en poterie.
Mon premier modelage a ainsi vu le jour... c'est une femme stylisée endormie, sujet que j'avais déjà modelé dans mes premiers essais sans cuisson, avant de prendre des cours. Je l'ai réalisé d'imagination, sans croquis préalable et sans modèle, et sans non plus avoir le canon du corps humain en tête. Je pense que les séances de croquis de nu vivant et le travail lié me permettront d'avoir des proportions plus harmonieuses les prochaines fois.
Je ne recherche pas l'exactitude, j'aime bien forcer le trait (ici la courbe), mais ça aidera je pense.
J'ai choisi de faire une finition aspect bronze. On utilise tout simplement de la peinture acrylique noire utilisée pure, sur laquelle on applique une patine, dans ce cas une peinture acrylique marron très diluée à l'eau. Une fois le modelage sec (c'est très rapide), on lui passe de la cire (baume de l'antiquaire). Un petit coup de brosse à reluire puis on fait briller avec un chiffon sec.
C'est une finition rapide, qui ne nécessite pas de cuisson et dont j'aime beaucoup le rendu, c'est vraiment proche du bronze. La pièce tranche bien sur un meuble blanc, les reflets brillants mettent les courbes en valeur (et les défauts de modelage aussi).
J'ai commencé une nouvelle petite chose dans la foulée, sans modèle car je trouve ça plus interessant d'essayer d'être créatif, surtout que c'est plus facile en 3 dimensions qu'en dessin, alors autant en profiter. Je modèle une expression sereine, dans mon esprit, un visage heureux exposé au soleil. J'imagine façonner comme un masque creux, pas une tête entière. J'ai attrapé un début d'expression, j'espère ne pas la perdre la prochaine fois. Je pense à une finition type pierre blonde.
Je mets en pratique ce que l'on m'a conseillé : me faire plaisir, accepter les loupés. La prof et les élèves me reparlent de ma pièce massacrée de colère. Je sens que je n'ai pas fini d'en entendre parler :-)
Elle
Dessin au crayon - d'après photographie couleur
J'ai collecté des pages de magazines pour avoir des modèles. De belles photos dans Elle. Enfants et jolies femmes grandes et minces, portraits en clair obscur, poses élégantes, mains, flacons de parfum, fourrures et drapés. J'aimerais trouver de vieux Géo pour avoir des photos de personnages moins glamours.
Beaucoup de ressources sur le net mais sans une bonne imprimante, on est obligé de travailler devant l'écran, je préfère le papier.
Je dessine toujours à main levée, pas de mesures, pas de quadrillage. Je regarde juste comment se situent les points de repère les uns par rapport aux autres. Mes dessins gagneraient sûrement en exactitude si je faisais autrement. Mais j'aime bien faire comme ça.
Ce dessin date du 19 octobre et je n'ai rien dessiné depuis. C'est très mal. "Elle" n'en fait qu'à sa tête.
Jos Van Riswick
Peintre de natures mortes, je suis tombée par hasard sur une vidéo de démonstration de la peinture d'une poire. De là je suis allée voir son site. Il y a une description de sa technique, en anglais, que je retournerai traduire quand j'aurai le temps.
Je note en vitesse l'adresse :
http://www.postcardfromholland.com/
De nombreuses vidéos sont disponibles sur youtube.
Nota. Je m'aperçois qu'on avait donné l'adresse sur Signus, je l'avais zappée dans le post qui parlait de Postcard of Provence.
Questions
C'est frustrant de ne pas avoir un professeur à demeure qui pourrait répondre à mes questions. Quelques minutes d'explications et de conseils une fois par semaine sont bien insuffisantes.
J'ai posé ma première couche de peinture, en mélangeant de l'essence de térébenthine et de l'huile de lin à ma peinture. Normalement pour les couches suivantes, il faut aller du maigre vers le gras.
Pourquoi mon prof n'utilise-t-il pas de médium à peindre ? J'ai lu qu'il fallait éviter de mélanger de l'huile de lin crue à la peinture. Est-ce que la mienne est crue ? On lit tout et son contraire. Il ne faut pas utiliser l'essence de térébenthine, ça ternit les couleurs, il ne faut pas utiliser l'huile de lin, etc...
Les produits modernes présentent je suppose de grandes avancées par rapport aux méthodes anciennes. J'aimerais trouver des explications qui leurs sont adaptées.
En cours j'ai vu les autres élèves fabriquer ce qu'ils nomment un glacis, constitué par tiers d'essence de térébenthine, d'huile de lin et de vernis dammar. Ils le passent sur l'ensemble de leur tableau et peignent ensuite. Je n'ai pas vu s'ils diluent les peintures qu'ils utilisent alors, avec ce glacis.
A quel moment doit-on utiliser cette technique, est-ce que je dois d'abord corriger ma peinture dans les défauts de "dessin" des différents objets et utiliser le glacis seulement en finition pour donner de la profondeur et nuancer les teintes ?
Mon objectif principal dans cet exercice de nature morte est de donner du relief aux objets. Quand je regarde mon tableau précédent, le personnage est plat comme s'il était une silhouette découpée dans du papier.
Je veux attirer l'attention sur le fauteuil, sur l'absence du musicien, que ça raconte une histoire.
Je pense corriger les défauts les plus flagrants dans les formes et les teintes et attendre des conseils pour la suite.
Pour l'instant j'ai très envie de dessiner. Pourquoi je ne dessine pas davantage alors que tout ce que je vois je le dessine mentalement ? C'est une autre question.
NM aux instruments - suite

Tableau en cours - huile sur toile - 1ere séance de mise en couleurs
J'ai installé les couleurs que je jugeais nécessaires sur ma palette (planche de stratifié de 60x30), fait un mélange essence de térébenthine/huille de lin pour fluidifier mes peintures qui sont très épaisses. Et je me suis lancée en suivant le conseil de mon prof : mener tout le tableau en même temps et non zones par zones, commencer par le fond.
J'ai travaillé assez rapidement, deux heures pour poser les couleurs et une demi-heure supplémentaire pour apporter des corrections, éclaircir par endroits, foncer à d'autres, rectifier le dessin (pan de tissu élargi sur la droite du tableau pour équilibrer la composition).
Des problèmes de proportions "crédibles" entre les différents objets, qu'il était trop tard pour corriger, sont restés.
Je ne suis pas fan des natures mortes, mais c'est un bon exercice. Et finalement c'est vraiment un grand plaisir de travailler ces volumes et ces couleurs. Notre prof a su agencer une très belle composition, riche de possibilités.
Je laisse sécher avant de passer à l'étape suivante.



















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