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Vale Decem -  Au jour le jour

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20 mai 2014

Salon du dessin 2014 - Luc Olivier Merson

 

la fuite en egypte - plume et encre brune - lavis brun crayon noir - rehauts de gouache blanche - rehauts d'or et grattage sur papier beige - 44 x 28 cm

"Le repos pendant la fuite en egypte" - Luc Olivier Merson
Crayon noir, aquarelle, lavis gris, gouache blanche et rehauts d'or

 

Au salon du dessin, j'ai surtout noté les techniques employées et le nom de l'artiste, oubliant d'écrire le sujet du dessin, ce qui ne me facilite pas la tâche pour en retrouver des images ! C'est très révélateur de ce que j'ai regardé en priorité : après le premier coup d'oeil aux dessins qui m'ont attirée et retenue, je me suis approchée pour regarder de près comment ils étaient faits. Par curiosité mais surtout pour essayer d'en comprendre la magie.

Une de cette magie est l'éclairage et l'effet de relief donné aux formes.

Pour Luc Olivier Merson j'ai noté "Mine de plomb, encre noire et gouache blanche sur papier ocre, hachures noires et blanches + aplats". Je crois que c'était à propos d'un dessin de ce genre :

 

DidierAaronimage2

 

L'effet de relief amené par les rehauts de blancs y était vraiment flagrant.

 

Pendant ce salon j'ai beaucoup regardé les effets produits par les ajouts de blanc dans les dessins, par gouache ou craie blanche. J'aime particulièrement la technique des deux crayons sur papier ocre.

 

Voici d'autres dessins du même artiste :

 

etude de bras pour le billet de 100 francs - crayon noir et rehauts de craie blanche

 

head-of-a-boy-singing

 

homme_de_profil_avec_un_detail_de_sa_manche_drapee - detail
(détail d'un dessin)

 

J'aimerais dessiner des chevaux ou détails de corps de chevaux avec cette technique. Je ne trouve pas beaucoup de dessins anciens de ce type sur ce sujet. Le corps du cheval traité comme un nu académique.

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19 mai 2014

Salon du dessin 2014 - Maurice de Becque - Portrait d'un homme

 

Maurice de-Becque-Portraitofaman-

1916- 55,3 x 37 cm

19 mai 2014

Salon du dessin 2014 - Charles Guilloux

 

charles guilloux

"L'inondation" - 1892/1894 - Encre de chine sur papier - 14,2 x 19,5 cm

18 mai 2014

Salon du dessin 2014 - A la croisade - Charles Lucien Léandre

 

 Charles Lucien-Léandre-PortraitofLacroisade-

Portrait de l'artitste Maurice Eliot par Charles Lucien Léandre "à lacroisade / en souvenir de la rue houdon / son ami / C Leandre / Paris 1900" Craie noire et blanche sur papier préparé.

15 mai 2014

Salon du dessin 2014 - Egon Schiele - Sympathie-Antipathie

 

Il y avait un portrait d'Egon Schiele. Je l'ai reconnu au premier coup d'oeil. La patte d'Egon Schiele.

 

Egon Schiele

 

Merveilleux artiste. Pour lequel j'éprouve une sympathie totale.

 

Egon Schiele (Austrian, Tulln 1890–1918 Vienna) 2

 

Egon Schiele4

 

Egon Schiele5

 

Egon Schiele6

 

Egon Schiele7

 

J'ai trouvé ces dessins sur le site du Metmuseum. J'en ai trouvé bien d'autres, des dessins réussis. D'autres artistes. Dont celui-ci :

 

Jakob Matthias Schmutzer3

 

De Jakob Matthias Schmutzer. C'est un beau dessin. Un beau sujet. Mais dont l'écriture m'est absolument, irrémédiablement, et au plus haut point, antipathique. Je ne connais pourtant rien de son auteur. L'antipathie se loge dans l'écriture. Va savoir pourquoi.

"antipathique"Synonymes déplaisant, désagréable, détestable, inamical, incompatible, inconciliable, opposé, rebutant, repoussant.

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15 mai 2014

Françoise Gilot

 

Françoise Gilot. Je connais ce nom, je sais que ce fut une des femmes qui ont traversé la vie de Picasso.

 

Françoise Gilot

 

Ce n'est pas un dessin de Picasso, c'est un auto-portrait. Un dessin de Françoise Gilot, donc. Un beau dessin. Elle a le regard dans le vide et une expression plutôt triste. Le trait est net, précis, un dessin de caractère, affuté. Frappant.

J'ai cherché sur le net, j'ai vu que Françoise Gilot est peintre. On dit d'elle qu'elle peint douze heures par jours. Pourtant quand on fait une recherche d'images, on trouve surtout des portraits d'elle par Picasso. Ou des photos d'elle et Picasso.

Une belle femme. Belle et triste. Un peu froide peut-être, le regard ailleurs.

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Françoise Gilot par Picasso

 

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Françoise Gilot par Picasso

 

Voici la biographie qui est consacrée à Françoise Gilot sur wikipédia :

"Françoise Gilot débute des études de droit mais, plus attirée par sa passion pour l'art, suit les traces de sa mère, une aquarelliste, et s'oriente vers le dessin et la peinture. À 21 ans elle rencontre Picasso, alors amant de Dora Maar. Elle devient sa compagne, de 1944 à 1953, et la mère de deux de ses enfants, Claude (1947) et Paloma (1949). Picasso, durant leur période de vie commune, la représentera sous l'apparence de la Femme fleur, radieuse, solaire, mais un peu hautaine.

Dans le sillage de Picasso, elle continue à mener sa propre carrière de peintre. En 1964, elle publie Vivre avec Picasso, un livre relativement intime sur leur vie commune, qui rencontrera un énorme succès1 et quelques critiques, pour l'époque, d'opportunisme. Ce livre mettra Picasso dans une grande colère, qui ira jusqu'à ne plus vouloir recevoir ses enfants.

Après sa séparation d'avec Picasso, Françoise Gilot épouse le peintre Luc Simon, dont elle a une fille, Aurélia. En 1970, elle se marie avec le docteur Jonas Salk, pionnier de la vaccination de la poliomyélite, qu'elle a rencontré l'année précédente par l'intermédiaire d'amis communs à La Jolla en Californie, et avec qui elle vivra jusqu'à la mort de celui-ci en 1995.

Peignant douze heures par jour, elle a exposé ses œuvres à New York, en Californie et à Paris."

 

Françoise Gilot, fille de, mère de, femme de. Aux portraits mystérieusement tristes dans l'ombre des grands hommes.

 

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J'ai cherché d'autres dessins d'elle. Je n'ai trouvé que celui-ci :

pinkveil-gilotFrançoise Gilot

14 mai 2014

John Singer Sargent 2

 

Le mouvement toujours... par le hachurage et par l'effacement.

 

John Singer Sargent9

J'ai vu un dessin au salon, le mouvement était rendu par des traits de repentirs effacés... je ne l'ai pas retrouvé.

 

14 mai 2014

John Singer Sargent

 

Je n'ai pas retrouvé beaucoup d'images des dessins vus au salon 2014. Leur souvenir est déjà estompé de ma mémoire. Et en faisant des recherches je trouve d'autres beaux dessins, de dessinateurs virtuoses. Il y aurait tellement à dire, et sur tellement de choses... je suis devant un beau paysage et j'ai plutôt envie de rester assise à le regarder de loin plutôt que d'emprunter des pistes.

L'endroit où je me trouve pour regarder ce point de vue est le site du Metropolitan museum. Il présente avec générosité le plus grand nombre des oeuvres graphiques de son fond avec une bonne définition. 

J'ai plutôt envie de rester silencieuse en ce moment. Je vais tout de même garder note un peu de ce que je vois.

En feuilletant les pages du metmuseum, j'ai relevé un, puis deux, puis 8 dessins de John Singer Sargent et à chaque fois je me disais "c'est un bon dessin, c'est de qui ?", "de John Singer Sargent".

Je suis allée voir des sites qui lui sont consacrés. Il y a une parenté avec Valentin Serov. Ce bon coup de crayon et la capacité de saisir l'instant, la posture, l'expression d'un visage, un regard, une lumière, un mouvement, sur le vif.

J'aime particulièrement certaines peintures à l'eau, pour la lumière, les couleurs, des reflets sur l'eau.

Mais ma passion étant le dessin et son écriture, j'ai choisi de montrer des études pour le tableau "El Jaleo".

 

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"El Jaleo" John Singer Sargent

 

30 avril 2014

Salon du dessin 2014 - Le peintre et son modèle - Pablo Picasso

 

 

 

 

 

 

30

 

J'ai vu ce dessin de loin, depuis l'allée. Et j'ai dit "whaoh !" intérieurement, avant de m'approcher. J'ai lu le nom du dessinateur... Pablo Picasso, bien sûr.

Pourquoi ce "whao !" ? Parce que sur un mur à coté d'autres dessins, celui-ci saute aux yeux. Tout simplement. Ce dessin est une évidence. Et c'est une Idée, pure et complexe, mise en scène simplement. Depuis, pour écrire cet article, j'ai vu beaucoup d'autres dessins de Picasso sur le même thème, et je pense que celui-ci est, de tous, le plus intellectuel, le plus conceptualisé, et à mes yeux le plus réussi. C'est une affaire de sensibilité personnelle, les lignes épurées et le minimalisme me touchent. Ce dessin pourrait être gravé dans la pierre, il m'évoque les dessins égyptiens, épurés pour que la trace en soit encore lisible après des milllénaires, et compréhensilbles à tous les hommes, quelle que soit leur langue.   Il est universel, intemporel et esthétique.

 

Dans ce dessin je regarde :

Les formes : courbes pour les corps et la palette, traits pour les pinceaux, le tableau. Elles sont douces et pures. Beaucoup de rondeur et de tendresse. Quelque chose d'érotique dans l'interpénétration de ces formes.

Les traits : je remarque qu'ils s'épaississent par endroit. Les rivets sur la tranche du tableau sont tracés finement, les traits épais sont donc un choix du dessinateur et pas un effet de l'encre sur un papier qui la laisserait un peu diffuser. Les contours des formes m'évoquent un vitrail

La composition : l'ensemble est cohérent, en équilibre et harmonieux.

Le dessin est complètement épuré et se limite à une représentation graphique de symboles :

- Les mains du peintre.
- Son oeil
- Ses outils : pinceaux et palette.
- Le tableau, limité à un plan dont on voit le profil.
- Le modèle, sa posture, attitude "posée" et esthétique

Le positionnement dans l'espace des différents éléments  :

Si on masque la tête du peintre et la tranche du tableau visible à gauche, et qu'on concentre le regard sur le modèle, les mains du peintre, les pinceaux... ce n'est plus le modèle en chair et en os que l'on voit, c'est le dessin du modèle en train de se faire, et le pinceau qui le trace.

C'est l'oeil du peintre, fixé sur le tableau, qui indique qu'en fait, le dessin est en face.

Par une seule représentation on voit ainsi à la fois le modèle et le dessin du modèle. C'est extrêment ingénieux.

Le peintre ne regarde pas son modèle, il a le regard fixé sur le tableau. Il a la vision du modèle en tête.

Le fait que le modèle et le dessin du modèle soient représentés ensemble, donne l'illusion que le pinceau effleure le corps du modèle. Et c'est aussi ce qui se passe. Quand on peint un visage on a vraiment l'impression d'en sculpter les reliefs et presque de toucher une peau. D'où la charge érotique perceptible dans ce dessin. On verra dans d'autres versions du même sujet dans la suite de cet article une accentuation de cet aspect. 

Le pinceau relie l'oeil du peintre à la tête du modèle en passant au centre de la main.

La simplification des formes :

- La main du peintre est limitée à une représentation de la pince pouce/index
- Les doigts du modèle sont dessinés sans souci d'exactitude anatomique, ils sont juste mis les uns à coté des autres (voir sa main droite), mais ils sont bien cinq.
- L'oeil occupe la plus grande partie de la surface du visage du peintre.
- Le corps du modèle est rendu avec la plus grande économie de moyens possible. Tout est limité à l'essentiel. Le beau mouvement des bras du modèle autour de son visage, l'expression de celui-ci, ses seins, le drapé du lit, les cheveux.

Les rehauts de blanc :

Ils sont étonnants, dans leur placement. Ils participent à l'équilibre des formes.

 

Picasso a dessiné et peint des centaines de versions de ce sujet.

the artist and his model

 

 

En voici quelques-unes, classées de la plus ancienne à la plus récente, elles explorent les différentes possibilités de placement des éléments et leurs représentations, mais pas seulement cela.

Picasso a vécu, pleinement. Une vie charnelle, intellectuelle et spirituelle intenses, où la réflexion ne pouvait être dissociée de l'action, et inversement. Ses dessins sont le fruit de cette dualité corps/esprit. Ce sont des notes prises au fil de sa pensée. Il les comparait à un journal intime, et on voit qu'ils le sont.

 

 

1927 - (1)

1927 - modèle à coté du tableau - on voit le dessin - représentation figurative

 

1927 - (2)

1927 encore - modèle à coté du tableau - dessin visible - représentation non figurative

 

1953 - 24

1953 - le tableau sépare le modèle du peintre - on ne voit pas le dessin - le peintre regarde la toile

 

1963 - 10

1963 - le modele est face au peintre, derrière le tableau, le tableau projete une ombre sur le modèle, le dessin est visible mais limité à un trait gribouillé - le peintre regarde le modèle

 

1963 (4)

1963 - le tableau cache pratiquement tout le modèle - le dessin est visible et se poursuit à l'arrière, comme si la toile était transparente

 

1964

1964 - on ne voit pas le modèle - seulement le peintre et le tableau

 

1965

1965 - on ne sait pas si on voit le modèle ou son dessin, il y a comme deux plans blancs côte à côte

 

1966

1966 - ici il n'y a que le peintre et le dessin, ni tableau ni modèle.  La date est en miroir (effet volontaire ou photo à l'envers ?)

 

1968

1968 - sur cette version la date est encore écrite à l'envers, comme visible par transparence. ça parait volontaire, comme si le modèle voyait l'arrière de la toile derrière laquelle se trouve le peintre, représenté par des traits en ressorts qui évoquent ses mouvements et sa présence

 

1969 - 22

1969 - on se rapproche de la date du dessin présenté en tête d'article (1970)
Modèle, peintre et tableau sont représentés de face, l'aspect charnel est criant et volontairement vulgaire. Je vois ce tableau comme un cri adressé aux voyeurs imbélices venus voir le Modèle (nu) et l'Artiste (excentrique).

 

1969

1969 encore - peintre et modèle au corps à corps, le tableau a disparu, seuls demeurent les pinceaux et la palette. Les corps ne se mèlent pas.

 

Les dessins de juin et juillet 1970 sont faits en série, datés et numérotés, il permettent de suivre la relation du peintre et de son modèle à la manière d'une bande dessinée :

1970 - 27

27 juin 1970 - Ce dessin est le premier que j'ai retrouvé où les éléments sont positionnés de la même manière que sur le dessin présenté au salon - la pose du modèle est très lascive - beaucoup de sensualité dans la tenue du pinceau par la main du peintre - une représentation sans équivoque du désir.

 

1970 - 30

30 juin 1970 - "notre" dessin - l'érotisme est extrêmement discret, les formes sont tendres, la représentation est à la fois plus froide (intellectualisée) et plus douce. L'accent est mis sur l'esthétique. Le trait est réfléchi. Langage graphique adapté, lignes pures, beaucoup de courbes.

 

1970 - 02

2 juillet 1970 - ce qui se trouvait dans le dessin précédent sous une forme discrète se montre plus apparent. l'accent est mis sur l'aspect charnel, mais encore intellectualisé. Usage d'un langage graphique toujours à base de traits. Le peintre est extrêmement concentré sur la toile, il lève et abaisse le regard, sa main droite est en pleine action, on le sent concentré sur l'acte de peindre, mais avec en arrière plan de sa pensée la vision d'un modèle sexuellement offert. Beaucoup de lignes droites dans les tracés mais aussi des courbes. Dualité dans la composition. Partie gauche/partie droite très dissemblables.

 

Le 4 juillet 1970, Picasso fait toute une série de dessins dans la même journée, où la pointe du pinceau semble toucher à la fois le ventre du modèle et le tableau. Ils sont comme un film où le modèle va progressivement passer derrière le tableau, se redresser, ouvrir les yeux, faire face au peintre et le regarder. C'est une histoire sans paroles.

 

1970 - 04

Aucune dureté dans le trait, il y a même une certaine mollesse dans les courbes.

 

1970 - 04

 

1970 - 04

 

1970 - 04

 

1970 - 04

 

Toujours le 4 juillet 1970, sur le dessin n° VIII, les hanches du modèle sont représentées beaucoup plus fines, celle-ci est complètement redressée, sa tête est plus grande, le regard grand ouvert est dirigé vers le peintre. Les yeux de celui-ci sont fixés à la fois sur elle et sur le tableau :

 

1970 - 04

 

Le 6 juillet, le modèle s'est éloigné du peintre à tel point que ses jambes sont visibles en entier. Le langage graphique est complètement différent. Beaucoup de surcharges dans les hachures, qui "enjolivent" le dessin et s'y attardent. De manière inutile et juste pour le plaisir, puisqu'elles sont inutiles au discours. Le peintre "fait joli", il décore.

 

1970 - 06

 

Le 17 juillet, retour à un tracé minimaliste, très comparable au dessin du 30 juin. le peintre semble absorbé par sa toile, il s'en est approché. Le modèle occupe une double position, à la fois en arrière plan et entre le peintre et sa toile. Le peintre a le regard grand ouvert, les yeux du modèle sont fermés.  Le peintre est comme seul avec sa peinture et concentré sur elle.

 

1970 - 17

 

29 avril 2014

Salon du dessin 2014 - Femme voilée de noir - Théodule Augustin Ribot

 

J'en ai parlé dans mon premier article consacré au salon. C'est un dessin à l'encre de chine et lavis de chine de Théodule Augustin Ribot. Je noté le nom et la technique sur mon carnet, et de retour à la maison j'en ai cherché une image sur le net, que je n'ai pas trouvée, à ma grande déception.

Pourquoi être particulièrement déçue de ne pas retrouver trace de ce dessin en particulier ? Parce que quand je me suis trouvée devant lui mon regard a été aimanté. J'avais du mal à en détourner les yeux, et ils y revenaient malgré moi. Je me suis reculée, j'ai regardé le dessin de plusieurs points de vue, je devais avoir une expression abasourdie sur le visage, j'ai vu quelqu'un regarder mon petit manège d'un air amusé.

Il se trouve que je ne suis pas la seule à avoir été touchée par ce dessin. A ma très grande joie Sandrine l'a été aussi, à tel point qu'elle l'a prise en photo. Cela va me permettre d'essayer de comprendre la magie particulière de ce dessin.

 

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Femme voilée de noir - Théodule Augustin Ribot - photo Sandrine Gateau

 

Le sujet est frappant par sa simplicité. Un visage pale sur un fond noir. Il n'y a pas de regard, les yeux sont mi-clos, on a du mal à déchiffrer l'expression de cette femme. La joue qui fait face à nous est dans l'ombre, c'est la joue opposée qui est dans la lumière, comme si celle-ci venait de l'intérieur du tableau.

La seule fois (avant celle-ci) où je suis restée aimantée devant une oeuvre dans un musée, c'était devant la croix noire sur fond blanc de Malevitch, au Centre Pompidou. Je n'arrivais pas à m'en détacher, j'ai l'impression que le temps s'est arrêté pendant que je le regardais. Quand on regarde fixement ce tableau, la lumière qui en sort va en augmentant, jusqu'à devenir aveuglante.

 

Le point commun entre ces deux oeuvres c'est l'impression d'émanation de lumière. On pourrait dire qu'elle nait de la confrontation du noir et du blanc, mais si je prends une feuille noire que je découpe en forme de croix et que je l'applique sur une feuille blanche ça ne suffira pas. Ce n'est pas du blanc pur c'est un dégradé de nuances, même chose pour le noir.

C'est donc un effet d'optique qui exerce cette fascination, mais il y a plus que ça.

 

Le sujet n'est anodin ni dans un cas ni dans l'autre. Il s'agit peut-être là des deux sujets les plus à même d'attirer notre attention et surtout de la retenir.

- un visage, dont on cherche à comprendre l'expression. Si La Joconde fascine les gens c'est bien à cause ou grâce à cela en grande partie... son fameux sourire enigmatique.

- une croix, associée à un phénomène lumineux, a forcément un contenu religieux dans l'inconscient collectif, qu'on soit chrétien ou pas. La lumière a une présence spirituelle qui fascine.

 

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"Croix noire" - huile sur toile - 80 x 80 cm - Malevitch

 

"Malevitch réalise cette toile en même temps qu’une trentaine d’autres, pour une exposition qu’il organise en collaboration avec Jean Pougny, à Saint-Pétersbourg, en décembre 1915.

Par cette manifestation qu’il intitule lui-même "La dernière exposition futuriste", il entend rompre avec les avant-gardes occidentales et, par-delà cette opposition, retrouver un "zéro des formes", c’est-à-dire faire table rase, pour amorcer une reconstruction, non pas révolutionnaire ou fracassante, mais infinitésimale.

Il y montre pour la première fois ses œuvres abstraites qui incarnent l’idée d’un art à la limite du néant, d’un Rien pensé comme interface entre le visible et l’invisible. En quête d’un être suprême au-delà du monde des objets, l’art de Malevitch, le suprématisme, purifie la peinture en écartant tout ce qui la détourne de son sens. Quant au rôle de la croix dans cette pensée suprématiste, Malevitch l’explicite rétrospectivement dans ses écrits théoriques. Elle est l’un des éléments de base de son système plastique, le "deuxième élément suprématiste fondamental", le premier étant le cercle. Quant au carré, il constitue le référent absolu du système, c’est-à-dire la forme zéro à partir de laquelle toute unité visuelle est dérivée. Tandis que le cercle vient de la rotation du carré, la croix est obtenue par la division du carré en deux rectangles dont l’un pivote sur l’autre à 90°.

Mais la rigueur géométrique qu’évoquent ces indications est tempérée par les irrégularités que le peintre a introduites dans sa toile. Les contours incertains des branches, leur infime inclinaison, la précarité de leur équilibre invitent aussi à considérer la croix, récurrente dans l’œuvre entière de Malevitch, comme un élément chargé d’émotion. Le sculpteur Antoine Pevsner en témoigne lorsqu’il rapporte des propos confiés au cours de l’enterrement d’une amie artiste en 1918: "Quand il me vit, il me dit tout bas: nous serons tous crucifiés. Ma croix, je l’ai déjà préparée. Tu l’as sûrement remarquée dans mes tableaux".

 Source : Site du Centre Pompidou

 

Théodule Ribot, né à Saint-Nicolas-d'Attez (Eure) le 8 août 1823 et mort à Colombes (Hauts-de-Seine) le 11 septembre 1891, est un peintre réaliste français.

 

J'ai retrouvé l'utilisation de la confrontation des blancs et des noirs dans plusieurs de ses oeuvres, par exemple dans celle-ci, où l'émanation lumineuse sert le spirituel.

 

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Cet artiste a représenté des femmes voilées de noir à de nombreuses reprises, mais je n'ai retrouvé chez aucune de celles que j'ai vues la qualité lumineuse des blancs présente dans le dessin qui se trouvait au salon.

 

Voici deux autres beaux dessins de Théodule Ribot.

 

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Et cet auto-portrait est vraiment étonnant. Je suppose que ce tableau quand on le voit en vrai exerce lui aussi une certaine fascination.

Encore une histoire d'éclairage...

 

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